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"J'aime mieux ce qui me touche que ce qui me surprend" (François Couperin)

Irène

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Jeune retraitée du Conservatoire de musique de Québec. J'y ai enseigné l'histoire de la musique (et d'autres disciplines) de 1972 à 2007.
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Mathieuwrote:
Bonjour à toi princesse Konsort :) cette page est magnifique et ces petites histoires sur ta vie sont comme des petits chocolats... on aime bien prendre son temps pour les déguster!!! On pense à toi souvent et à notre Vally bien évidemment!!! On se voit bientôt pour un bon souper ou autre... bisous xoxoxoxoxoxo
May 31
conférences et émissions de radio
Activités musicales et sociales auxquelles je participe
August 31

L'été fut bref

Dans mon billet précédent, je comptais sur un mois d'août plus clément que le mois de juillet. Il le fut, d'un certain côté : quinze jours de beau temps, avec la chaleur appropriée, avant de revenir à la tristesse d'un ciel gris permanent. La température est redescendue de + 31° (avec humidité à profusion) à 14-15° et même - oh! l'horreur - , des risques de gel au sol. Mes petites plantes d'intérieur, qui avaient passé deux semaines sur le balcon, ont donc réintégré leurs tablettes dans la cuisine et le bureau. Quant à moi, j'ai utilisé une chaufferette d'appoint pour réchauffer un peu l'appartement. Incroyable!!!Parapluie
 
Pour moi, août a rimé avec écriture (quelques textes musicaux à rédiger), orgue, rangement, piscine et quelques promenades.  J'ai poursuivi, lentement, la lecture de la vie du roi David, qui apparaît de plus en plus dans ce llivre (voir blogue du 31 juillet) comme un aventurier, ce qui défait quelque peu l'image que j'avais du jeune berger jouant de la harpe pour calmer le torturé roi Saül. Commencé également un bon polar d'Exbrayat : "Elle avait trop de  mémoire", dont le titre me fait sourire car cet été, ayant trop fait surchauffé mes méninges, j'avais parfois l'impression d'en manquer (de mémoire) Surpris.
 
Août m'a aussi permis de poursuivre mon lent cheminement intérieur : faire le ménage de toutes les émotions qui nous font plus de mal que de bien, si l'on n'y prend garde : le stress, l'inquiétude mal placée, la légère hypocondrie ressentie en présence de petits malaises somme toute bénins, mais qui nous font craindre le pire; relativiser les petits désagréments quotidiens (un mot de travers de moi ou de quelqu'un, un accès de mauvaise humeur, une contrariété passagère, l'impact du mauvais temps, etc.), les remplacer par des sentiments plus élevés et bénéfiques; tenter d'appliquer durant la semaine ce qui a été lu et prêché le dimanche : pas toujours facile, mais gratifiant. Et aussi de régler le maximum de choses dans la joie, au moyen d'un bon éclat de rire.
 
La semaine dernière a été celle de la rentrée pour de nombreux étudiants, dont ceux du Conservatoire. Cette semaine, c'est au tour des écoles de dire adieu aux vacances 2009. Pour moi, l'automne s'annonce occupé mais serein : quelques conférences et écrits, deux courts voyages au Québec, et quelques sorties. Deux ans après ma prise de retraite, me voici un peu assagie et résolue à prendre enfin le temps de me la couler un peu plus douce Sourire
July 31

Je suis de retour!

Je me promettais de nourrir plus régulièrement mon blogue et, comme toujours, le temps a passé plus vite que prévu. En juin, j'ai écrit et livré plusieurs textes, remis un peu d'ordre dans mon fouillis légendaire (paperasse, quand tu nous tiens!) puis, le 17, suis allée rejoinde mon amie Cécile avec laquelle je suis partie, comme tous les ans, à l'Île Saint-Bernard (chez les Soeurs Grises, à Châteauguay). Tandis que le temps était pourri sur une grande partie du Québec, nous avons eu du soleil 8 jours sur 10, et de la pluie de jour du départ. Que demander de plus?
 
Comme toujours, ce fut l'occasion de décompresser, de réfléchir, de se laisser bercer par le clapotis des vagues du Lac saint-Louis, de se gorger de couchers de soleil tous plus beaux les uns que les autres. Comme j'avais un problème de genou depuis quelques semaines, j'ai dû y aller mollo avec les promenades et les activités physiques, en choissant plutôt de rééduquer le récalcitrant dans la piscine.
 
Alors j'ai lu beaucoup, m'attaquant notamment à une biographie du Roi David, en anglais (David, the biography of a king), écrite par Juan Bosch (1963, trad. en anglais 1965). Cet auteur sud-américain (1909-2001) fut aussi, en 1962, le premier président de la République Dominicaine. Bouquin très documenté, puisant abondamment dans le Livre de Samuel, cette biographie du roi harpiste nous présente un personnage entré dans la légende par sa musique, ses psaumes, son combat contre Goliath, les démêlés avec Saül. Non sans humour, Juan Bosch décape son personnage, montre l'incompatibilité chronologique de certains faits, et nous montre un David rusé, ayant plus d'un tour dans son sac. Son propos est de " separate the recorded data of David's life in three categories : the true, the false, and the misinterpreted or misreprensented" (p. 11). [séparer les données de la vie de David en trois catégories : le vrai, le faux, et ce qui est mal interprété ou mal présenté]. C'est ainsi que Bosch met, entre autres, en doute le combat de David contre Goliath, sa rencontre avec Saül à En-gedi. Ce livre se déroule un peu comme une enquête policière, avec les affirmations bibliques, les faits historiques, les interprétations des divers intervenants et narrateurs,les déductions logiques de l'auteur. Passionnant! J'ai interrompu ma lecture à la fin de mon séjour à Châteauguay et je viens de la reprendre à la page 95. David n'est pas encore roi... À suivre. Par pure coïncidence, de retour à Québec, à la messe du 28 juin, je suis invitée à faire la première lecture. Il s'agit ... du Livre de Samuel ! Et, depuis, nous poursuivons dans ce livre chaque dimanche.
 
Quelques jours après mon retour à Québec, je repartais en excursion pour les Jardins des Métis, en Gaspésie, à 4 heures de route de Québec : un immense domaine créé au début du XXe siècle par Elsie Reford, une femme qui se passionna pour l'horticulture et qui importa d'Europe et d'ailleurs une quantité astronomique de plantes et de fleurs. Ses magnifiques pavots bleus sont la fierté de ce jardin qui est, de nos jours, dirigé par l'arrière petit-fils de cette dame ; Alexander Reford.
 

Une journée qui s'annonçait pluvieuse, et qui nous a cependant permis de visiter ces jardins sans nous faire tremper, sinon en revenant à l'autocar.

Quelques autres sorties ont agrémenté mon mois de juillet, durant lequel nous avons eu environ 6 jours ensoleillés et dignes d'un été : Au-Cap-de-la Madeleine, lieu de pèlerinage, que j'aime visiter pour la beauté du lieu et enfin, Trois-Rivières, dont les forges de la rivière Saint-Maurice furent, à partir de 1730, la première industrie du Canada et, je crois, d'Amérique du Nord. Son activité dura jusqu'en 1883, date à laquelle la forge fut définitivement fermée. Tombée en ruines, ainsi que le village qui l'entourait, elle ne comprend aujourd'hui que des vestiges sur lesquels on a érigé un musée et créé une "visualisation expressive" des lieux, moderne mais utile pour se représenter les anciens bâtiments.

Enfin, du 21 au 23 juillet, je suis retournée à l'Ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette (voir album de photos). Site paisible, fréquenté par les pèlerins ou les touristes recherchant le calme et la nature. Une grande joie m'y attendait : un orgue, provenant de Québec, restauré et nauguré depuis peu. L'organiste titulaire et curateur de l'orgue accueille chaleureusement mon intention d'essayer l'instrument et, de fil en aiguille, cela aboutit à un récital deux jours plus tard, en guise de prélude avant la messe. Inutile de dire que je portais plus à terre! L'expérience fut très agréable et m'a confortée dans mon choix (une sorte de voeu informel) : jouer pour le Seigneur et ses fidèles. Je Lui ai dit (pas gênée, la fille!) : "Je joue pour Toi. Alors, si tu veux être bien servi, donne moi le talent et la confiance qui me manquent". Et je pense avoir bien joué Sourire

Voilà quel fut mon mois de juillet, entrecoupé de textes et de recherches, de pratiques d'orgue, de quelques marches, seule ou avec mes ami(e)s.  Le temps, capricieux, nous a réservé quelques surprises : le 29, chaleur étouffante, orages et pluies torrentielles, causant à Québec des inondations sur une autoroute et bien des désagréments à de nombreux citadins. Hier, le 30 juillet, il a fait beau et chaud : et je me suis baignée dans la piscine extérieure (un peu frisquette, mais agréable tout de même). Comme, aujourd'hui, le temps est revenu à la normale, i.e. ciel gris et complètement bouché, je ne puis que constater la vérité de ce beau dialogue québecois : à la question "Qu'as-tu fait cet été?", la réponse est : "ce jour-là, je me suis baigné(e)".
 
Comme je suis d'un naturel optimiste, je me dis qu'août et septembre seront plus cléments Chaud
 
 
 
May 20

L'Orgue Richard 1753 au musée de l'Amérique française

  Esquisse d'un article pour le Bulletin des Amis de l'Orgue de Québec.

L'orgue Richard a été installé en 1753 à la cathédrale de Québec. Il a été détruit en 1759 lors du bombardement de la cathédrale, durant la guerre qui a opposé la France à l'Angleterre et qui a changé l'histoire du Canada. Cet instrument a été reconstruit d'après les plans d'origine par la compagnie Juget-Sinclair de Montréal et installé dans le musée de l'Amérique française (ancienne chapelle extérieure du Séminaire), à quelques pas de la cathédrale.

Le document audiovisuel que l'on peut entendre a été mis sur Youtube par Juget-Sinclair. Voir dans mon album quelques photos prises par moi (sauf mention contraire) le 12 mai dernier, lors de la conférence de presse soulignant l'installation de l'instrument. D'autres suivront prochainement.

http://www.youtube.com/watch?v=4nD9lOeZL6A

May 17

« À la poussière tu retourneras »

Hier, j'accompagnais des funérailles à mon église : il y avait un cercueil qui, après la cérémonie religieuse fut porté au cimetière Mount Hermon, de l'autre coté de la rue ... un de mes lieux de promenade préférés : non pas que j'aie l'esprit macabre, loin de là, mais parce que j'aime regarder ces belles pierres tombales et ces monuments originaux dont plusieurs sont du XIXe siècle, et voir quelques générations de familles anglophones puis francophones de Québec reposer dans cet endroit serein, vallonné et ombragé.
 
Aujourd'hui, avec mes amis paroissiens, à l'occasion des Rogations, nous avons jardiné et débroussaillé le terrain de l'église. Notre curé a béni la terre et nous avons vaillamment et joyeusement râtissé, élagué, redonné un sens à ce " jardin de curé" laissé à l'abandon depuis presque deux ans. D'un côté de la rue, le repos éternel, de l'autre, la vie qui reprend...
 
Cet après-midi, après le jardinage, je suis allée assister aux obsèques d'une merveilleuse musicienne de QUébec, la pianiste Renée Morisset, décédée à l'âge de 80 ans. Elle et son mari Victor Bouchard avaient formé un prestigieux  duo de pianistes et avaient parcouru le monde, avec un répertoire allant de Bach à nos jours, jouant aussi bien Mozart et Schubert (divinement) que des compositeurs canadiens auxquels ils ont inspiré des sonates et des concertos. La cérémonie religieuse avait lieu au Palais Montcalm, une salle de spectacles à l'acoustique remarquable et qui conserve un caractère chaleureux et accueillant. Un magnifique quatuor à cordes, le Quatuor Arthur-Leblanc et le clariniettiste Stéphane Fontaine ont su merveilleusement créer une atmosphère propice à la sérénité et au recueillement. Cette fois, une urne funéraire était posée sur la scène, avec les cendres de la défunte.
 
Et là, j'ai revécu en un éclair les funérailles de ma mère, qui avait choisi depuis des années l'incinération et décrit bien clairement le genre de cérémonie sobre qu'elle voulait : "Rien de spécial, quelques prières autour de l'urne, pas d'église, pas de messe, pas de fla-fla" me disait-elle souvent.  J'en avais discuté avec elle à plusieurs reprises et finalement, je lui avais fait remarquer que les funérailles, c'est aussi pour entourer ceux qui restent, et que je risquerais d'être bien seule en ce jour que j'appréhendais. Elle m'avait alors dit : "Ma petite fille, tu feras ce que tu voudras, moi je ne serai plus de ce monde... Ce que je veux, c'est te donner le moins de tracas possible". Chère Maman, toujours aussi délicate et discrète... Alors, je lui avais expliqué qu'il y aurait les amis, les miens, les siens et la belle-famille et que je respecterais ses voeux, en y ajoutant un peu de musique et quelques paroles. Ce qui fut fait, avec un diacre qui a brossé d'elle un portrait magnifique, et de la musique que j'avais choisie, et qui ne devait surtout pas être de l'orgue, car je ne voulais pas que mon instrument préféré fût associé à tout jamais au décès de ma mère... Alors nous avons écouté un Intermezzo pour piano de Brahms et l'Intermezzo pour orchestre de Cavalleria rusticana de Mascagni.
 
Là où je veux en venir, c'est au moment précis où je suis arrivée au salon funéraire. J'étais toute seule et, bien entendu d'avance. J'entre dans cette grande pièce qu'est le salon réservé pour Maman et, à l'autre extrêmité, je vois l'urne, qu'elle avait choisie elle-même avec, à ses côtés, un joli bouquet de fleurs. J'avoue que le choc fut terrible : je fixais cette petite boîte rectangulaire, en marbre clair, et je me disais : voilà tout ce qui reste de ma mère : une petite poignée de cendres! "Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras" (Genèse, 3/10). Là, j'ai pleinement réalisé que son passage sur terre était bel et bien terminé. Ce fut un moment très douloureux et angoissant, qui fut suivi d'un apaisement lorsque, un à un, nos amis sont arrivés. J'avais choisi le lundi de Pâques pour cette cérémonie, que je désirais associer à une nouvelle vie pour elle. Quelques jours plus tard, nous avons, en très petit comité, assisté à la "mise en niche" de l'urne dans son emplacement, que Maman appelait à la blague son "condo de luxe avec vue sur jardin (le cimetière)". En trois ans, je ne suis retournée qu'une fois au mausolée où elle repose. Lorsque j'ai posé la main sur sa plaque, j'ai ressenti une forte vibration, mon imagination, sans doute... Je sens que je vais aller me recueillir à cet endroit très bientôt. Pourtant, c'est plus fort que moi : je me dis souvent que ce petit tas de cendres n'est plus vraiment ma mère. Cette poussière d'elle n'a plus d'âme, elle se confond avec toutes les poussières et les cendres du monde.  Maman est ailleurs , souvent à mes côtés ... Et aussi dans ce blogue. C'est l'essentiel.
 
Ah oui! Hier soir, je suis allée à l'opéra : durant l'Intermezzo de Cavalleria rusticana, je n'ai pas pu m'empêcher de verser une petite larme...Triste
 
 
May 09

La fête de mères

Il y a un an, à l'occasion de la fête de mères (qui, au Canada a lieu le 2e dimanche du mois de mai), je créais cette page personnelle, parce que j'avais le coeur gros en pensant à la fête des mères sans "Elle" et, en la façonnant, j'avais soudain ressenti sa présence souriante à mes côtés, une présence qui me disait doucement : "Merci". Cela m'avait permis de mieux passer à travers cette fête qui n'en est plus une pour moi, vu que je n'ai pas d'enfants. En retour, j'ai eu, par cette page web, des petits cadeaux tout au long de l'année : un ami d'enfance retrouvé grâce à mon blogue, une  dame charmante qui m'a écrit et qui partage avec moi la passion de la musique; des amis qui viennent régulièrement lire et regarder ce qu'il y a de nouveau, et qui m'envoient leurs impressions et des petits mots gentils. Pour toutes ces raisons, c'est maintenant à moi de lui dire "Merci" de m'avoir donné cette impulsion  et, à mes correspondants et amis, merci d'être là, à portée de clavier.
 
À toutes les mères québécoises et canadiennes, je souhaite une belle fête demain Rose rouge
 
P.S. : J'ai fini par trouver l'inspiration pour mon paragraphe sur Mendelssohn et mon texte est terminé (voir blogue du 6 mai) Rire
 
citations pour faire sourire