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    August 31

    L'été fut bref

    Dans mon billet précédent, je comptais sur un mois d'août plus clément que le mois de juillet. Il le fut, d'un certain côté : quinze jours de beau temps, avec la chaleur appropriée, avant de revenir à la tristesse d'un ciel gris permanent. La température est redescendue de + 31° (avec humidité à profusion) à 14-15° et même - oh! l'horreur - , des risques de gel au sol. Mes petites plantes d'intérieur, qui avaient passé deux semaines sur le balcon, ont donc réintégré leurs tablettes dans la cuisine et le bureau. Quant à moi, j'ai utilisé une chaufferette d'appoint pour réchauffer un peu l'appartement. Incroyable!!!Parapluie
     
    Pour moi, août a rimé avec écriture (quelques textes musicaux à rédiger), orgue, rangement, piscine et quelques promenades.  J'ai poursuivi, lentement, la lecture de la vie du roi David, qui apparaît de plus en plus dans ce llivre (voir blogue du 31 juillet) comme un aventurier, ce qui défait quelque peu l'image que j'avais du jeune berger jouant de la harpe pour calmer le torturé roi Saül. Commencé également un bon polar d'Exbrayat : "Elle avait trop de  mémoire", dont le titre me fait sourire car cet été, ayant trop fait surchauffé mes méninges, j'avais parfois l'impression d'en manquer (de mémoire) Surpris.
     
    Août m'a aussi permis de poursuivre mon lent cheminement intérieur : faire le ménage de toutes les émotions qui nous font plus de mal que de bien, si l'on n'y prend garde : le stress, l'inquiétude mal placée, la légère hypocondrie ressentie en présence de petits malaises somme toute bénins, mais qui nous font craindre le pire; relativiser les petits désagréments quotidiens (un mot de travers de moi ou de quelqu'un, un accès de mauvaise humeur, une contrariété passagère, l'impact du mauvais temps, etc.), les remplacer par des sentiments plus élevés et bénéfiques; tenter d'appliquer durant la semaine ce qui a été lu et prêché le dimanche : pas toujours facile, mais gratifiant. Et aussi de régler le maximum de choses dans la joie, au moyen d'un bon éclat de rire.
     
    La semaine dernière a été celle de la rentrée pour de nombreux étudiants, dont ceux du Conservatoire. Cette semaine, c'est au tour des écoles de dire adieu aux vacances 2009. Pour moi, l'automne s'annonce occupé mais serein : quelques conférences et écrits, deux courts voyages au Québec, et quelques sorties. Deux ans après ma prise de retraite, me voici un peu assagie et résolue à prendre enfin le temps de me la couler un peu plus douce Sourire
    July 31

    Je suis de retour!

    Je me promettais de nourrir plus régulièrement mon blogue et, comme toujours, le temps a passé plus vite que prévu. En juin, j'ai écrit et livré plusieurs textes, remis un peu d'ordre dans mon fouillis légendaire (paperasse, quand tu nous tiens!) puis, le 17, suis allée rejoinde mon amie Cécile avec laquelle je suis partie, comme tous les ans, à l'Île Saint-Bernard (chez les Soeurs Grises, à Châteauguay). Tandis que le temps était pourri sur une grande partie du Québec, nous avons eu du soleil 8 jours sur 10, et de la pluie de jour du départ. Que demander de plus?
     
    Comme toujours, ce fut l'occasion de décompresser, de réfléchir, de se laisser bercer par le clapotis des vagues du Lac saint-Louis, de se gorger de couchers de soleil tous plus beaux les uns que les autres. Comme j'avais un problème de genou depuis quelques semaines, j'ai dû y aller mollo avec les promenades et les activités physiques, en choissant plutôt de rééduquer le récalcitrant dans la piscine.
     
    Alors j'ai lu beaucoup, m'attaquant notamment à une biographie du Roi David, en anglais (David, the biography of a king), écrite par Juan Bosch (1963, trad. en anglais 1965). Cet auteur sud-américain (1909-2001) fut aussi, en 1962, le premier président de la République Dominicaine. Bouquin très documenté, puisant abondamment dans le Livre de Samuel, cette biographie du roi harpiste nous présente un personnage entré dans la légende par sa musique, ses psaumes, son combat contre Goliath, les démêlés avec Saül. Non sans humour, Juan Bosch décape son personnage, montre l'incompatibilité chronologique de certains faits, et nous montre un David rusé, ayant plus d'un tour dans son sac. Son propos est de " separate the recorded data of David's life in three categories : the true, the false, and the misinterpreted or misreprensented" (p. 11). [séparer les données de la vie de David en trois catégories : le vrai, le faux, et ce qui est mal interprété ou mal présenté]. C'est ainsi que Bosch met, entre autres, en doute le combat de David contre Goliath, sa rencontre avec Saül à En-gedi. Ce livre se déroule un peu comme une enquête policière, avec les affirmations bibliques, les faits historiques, les interprétations des divers intervenants et narrateurs,les déductions logiques de l'auteur. Passionnant! J'ai interrompu ma lecture à la fin de mon séjour à Châteauguay et je viens de la reprendre à la page 95. David n'est pas encore roi... À suivre. Par pure coïncidence, de retour à Québec, à la messe du 28 juin, je suis invitée à faire la première lecture. Il s'agit ... du Livre de Samuel ! Et, depuis, nous poursuivons dans ce livre chaque dimanche.
     
    Quelques jours après mon retour à Québec, je repartais en excursion pour les Jardins des Métis, en Gaspésie, à 4 heures de route de Québec : un immense domaine créé au début du XXe siècle par Elsie Reford, une femme qui se passionna pour l'horticulture et qui importa d'Europe et d'ailleurs une quantité astronomique de plantes et de fleurs. Ses magnifiques pavots bleus sont la fierté de ce jardin qui est, de nos jours, dirigé par l'arrière petit-fils de cette dame ; Alexander Reford.
     

    Une journée qui s'annonçait pluvieuse, et qui nous a cependant permis de visiter ces jardins sans nous faire tremper, sinon en revenant à l'autocar.

    Quelques autres sorties ont agrémenté mon mois de juillet, durant lequel nous avons eu environ 6 jours ensoleillés et dignes d'un été : Au-Cap-de-la Madeleine, lieu de pèlerinage, que j'aime visiter pour la beauté du lieu et enfin, Trois-Rivières, dont les forges de la rivière Saint-Maurice furent, à partir de 1730, la première industrie du Canada et, je crois, d'Amérique du Nord. Son activité dura jusqu'en 1883, date à laquelle la forge fut définitivement fermée. Tombée en ruines, ainsi que le village qui l'entourait, elle ne comprend aujourd'hui que des vestiges sur lesquels on a érigé un musée et créé une "visualisation expressive" des lieux, moderne mais utile pour se représenter les anciens bâtiments.

    Enfin, du 21 au 23 juillet, je suis retournée à l'Ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette (voir album de photos). Site paisible, fréquenté par les pèlerins ou les touristes recherchant le calme et la nature. Une grande joie m'y attendait : un orgue, provenant de Québec, restauré et nauguré depuis peu. L'organiste titulaire et curateur de l'orgue accueille chaleureusement mon intention d'essayer l'instrument et, de fil en aiguille, cela aboutit à un récital deux jours plus tard, en guise de prélude avant la messe. Inutile de dire que je portais plus à terre! L'expérience fut très agréable et m'a confortée dans mon choix (une sorte de voeu informel) : jouer pour le Seigneur et ses fidèles. Je Lui ai dit (pas gênée, la fille!) : "Je joue pour Toi. Alors, si tu veux être bien servi, donne moi le talent et la confiance qui me manquent". Et je pense avoir bien joué Sourire

    Voilà quel fut mon mois de juillet, entrecoupé de textes et de recherches, de pratiques d'orgue, de quelques marches, seule ou avec mes ami(e)s.  Le temps, capricieux, nous a réservé quelques surprises : le 29, chaleur étouffante, orages et pluies torrentielles, causant à Québec des inondations sur une autoroute et bien des désagréments à de nombreux citadins. Hier, le 30 juillet, il a fait beau et chaud : et je me suis baignée dans la piscine extérieure (un peu frisquette, mais agréable tout de même). Comme, aujourd'hui, le temps est revenu à la normale, i.e. ciel gris et complètement bouché, je ne puis que constater la vérité de ce beau dialogue québecois : à la question "Qu'as-tu fait cet été?", la réponse est : "ce jour-là, je me suis baigné(e)".
     
    Comme je suis d'un naturel optimiste, je me dis qu'août et septembre seront plus cléments Chaud
     
     
     
    May 20

    L'Orgue Richard 1753 au musée de l'Amérique française

      Esquisse d'un article pour le Bulletin des Amis de l'Orgue de Québec.

    L'orgue Richard a été installé en 1753 à la cathédrale de Québec. Il a été détruit en 1759 lors du bombardement de la cathédrale, durant la guerre qui a opposé la France à l'Angleterre et qui a changé l'histoire du Canada. Cet instrument a été reconstruit d'après les plans d'origine par la compagnie Juget-Sinclair de Montréal et installé dans le musée de l'Amérique française (ancienne chapelle extérieure du Séminaire), à quelques pas de la cathédrale.

    Le document audiovisuel que l'on peut entendre a été mis sur Youtube par Juget-Sinclair. Voir dans mon album quelques photos prises par moi (sauf mention contraire) le 12 mai dernier, lors de la conférence de presse soulignant l'installation de l'instrument. D'autres suivront prochainement.

    http://www.youtube.com/watch?v=4nD9lOeZL6A

    May 17

    « À la poussière tu retourneras »

    Hier, j'accompagnais des funérailles à mon église : il y avait un cercueil qui, après la cérémonie religieuse fut porté au cimetière Mount Hermon, de l'autre coté de la rue ... un de mes lieux de promenade préférés : non pas que j'aie l'esprit macabre, loin de là, mais parce que j'aime regarder ces belles pierres tombales et ces monuments originaux dont plusieurs sont du XIXe siècle, et voir quelques générations de familles anglophones puis francophones de Québec reposer dans cet endroit serein, vallonné et ombragé.
     
    Aujourd'hui, avec mes amis paroissiens, à l'occasion des Rogations, nous avons jardiné et débroussaillé le terrain de l'église. Notre curé a béni la terre et nous avons vaillamment et joyeusement râtissé, élagué, redonné un sens à ce " jardin de curé" laissé à l'abandon depuis presque deux ans. D'un côté de la rue, le repos éternel, de l'autre, la vie qui reprend...
     
    Cet après-midi, après le jardinage, je suis allée assister aux obsèques d'une merveilleuse musicienne de QUébec, la pianiste Renée Morisset, décédée à l'âge de 80 ans. Elle et son mari Victor Bouchard avaient formé un prestigieux  duo de pianistes et avaient parcouru le monde, avec un répertoire allant de Bach à nos jours, jouant aussi bien Mozart et Schubert (divinement) que des compositeurs canadiens auxquels ils ont inspiré des sonates et des concertos. La cérémonie religieuse avait lieu au Palais Montcalm, une salle de spectacles à l'acoustique remarquable et qui conserve un caractère chaleureux et accueillant. Un magnifique quatuor à cordes, le Quatuor Arthur-Leblanc et le clariniettiste Stéphane Fontaine ont su merveilleusement créer une atmosphère propice à la sérénité et au recueillement. Cette fois, une urne funéraire était posée sur la scène, avec les cendres de la défunte.
     
    Et là, j'ai revécu en un éclair les funérailles de ma mère, qui avait choisi depuis des années l'incinération et décrit bien clairement le genre de cérémonie sobre qu'elle voulait : "Rien de spécial, quelques prières autour de l'urne, pas d'église, pas de messe, pas de fla-fla" me disait-elle souvent.  J'en avais discuté avec elle à plusieurs reprises et finalement, je lui avais fait remarquer que les funérailles, c'est aussi pour entourer ceux qui restent, et que je risquerais d'être bien seule en ce jour que j'appréhendais. Elle m'avait alors dit : "Ma petite fille, tu feras ce que tu voudras, moi je ne serai plus de ce monde... Ce que je veux, c'est te donner le moins de tracas possible". Chère Maman, toujours aussi délicate et discrète... Alors, je lui avais expliqué qu'il y aurait les amis, les miens, les siens et la belle-famille et que je respecterais ses voeux, en y ajoutant un peu de musique et quelques paroles. Ce qui fut fait, avec un diacre qui a brossé d'elle un portrait magnifique, et de la musique que j'avais choisie, et qui ne devait surtout pas être de l'orgue, car je ne voulais pas que mon instrument préféré fût associé à tout jamais au décès de ma mère... Alors nous avons écouté un Intermezzo pour piano de Brahms et l'Intermezzo pour orchestre de Cavalleria rusticana de Mascagni.
     
    Là où je veux en venir, c'est au moment précis où je suis arrivée au salon funéraire. J'étais toute seule et, bien entendu d'avance. J'entre dans cette grande pièce qu'est le salon réservé pour Maman et, à l'autre extrêmité, je vois l'urne, qu'elle avait choisie elle-même avec, à ses côtés, un joli bouquet de fleurs. J'avoue que le choc fut terrible : je fixais cette petite boîte rectangulaire, en marbre clair, et je me disais : voilà tout ce qui reste de ma mère : une petite poignée de cendres! "Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras" (Genèse, 3/10). Là, j'ai pleinement réalisé que son passage sur terre était bel et bien terminé. Ce fut un moment très douloureux et angoissant, qui fut suivi d'un apaisement lorsque, un à un, nos amis sont arrivés. J'avais choisi le lundi de Pâques pour cette cérémonie, que je désirais associer à une nouvelle vie pour elle. Quelques jours plus tard, nous avons, en très petit comité, assisté à la "mise en niche" de l'urne dans son emplacement, que Maman appelait à la blague son "condo de luxe avec vue sur jardin (le cimetière)". En trois ans, je ne suis retournée qu'une fois au mausolée où elle repose. Lorsque j'ai posé la main sur sa plaque, j'ai ressenti une forte vibration, mon imagination, sans doute... Je sens que je vais aller me recueillir à cet endroit très bientôt. Pourtant, c'est plus fort que moi : je me dis souvent que ce petit tas de cendres n'est plus vraiment ma mère. Cette poussière d'elle n'a plus d'âme, elle se confond avec toutes les poussières et les cendres du monde.  Maman est ailleurs , souvent à mes côtés ... Et aussi dans ce blogue. C'est l'essentiel.
     
    Ah oui! Hier soir, je suis allée à l'opéra : durant l'Intermezzo de Cavalleria rusticana, je n'ai pas pu m'empêcher de verser une petite larme...Triste
     
     
    May 09

    La fête de mères

    Il y a un an, à l'occasion de la fête de mères (qui, au Canada a lieu le 2e dimanche du mois de mai), je créais cette page personnelle, parce que j'avais le coeur gros en pensant à la fête des mères sans "Elle" et, en la façonnant, j'avais soudain ressenti sa présence souriante à mes côtés, une présence qui me disait doucement : "Merci". Cela m'avait permis de mieux passer à travers cette fête qui n'en est plus une pour moi, vu que je n'ai pas d'enfants. En retour, j'ai eu, par cette page web, des petits cadeaux tout au long de l'année : un ami d'enfance retrouvé grâce à mon blogue, une  dame charmante qui m'a écrit et qui partage avec moi la passion de la musique; des amis qui viennent régulièrement lire et regarder ce qu'il y a de nouveau, et qui m'envoient leurs impressions et des petits mots gentils. Pour toutes ces raisons, c'est maintenant à moi de lui dire "Merci" de m'avoir donné cette impulsion  et, à mes correspondants et amis, merci d'être là, à portée de clavier.
     
    À toutes les mères québécoises et canadiennes, je souhaite une belle fête demain Rose rouge
     
    P.S. : J'ai fini par trouver l'inspiration pour mon paragraphe sur Mendelssohn et mon texte est terminé (voir blogue du 6 mai) Rire

    Les finances, les phoques et la grippe

    Tous ceux qui ont des petites économies qui ont fondu comme neige au soleil tandis que certains magnats de la finance s'en mettent plein les poches, font leurs dévotions aux cours de la bourse et se disent, comme pour défier Newton : « tout ce qui descend finira bien par remonter » Triste
     
    Depuis des années, il y a les promoteurs de la chasse aux phoques : « cela donne du travail aux Inuit et aux Terreneuviens. Et puis, les phoques ne souffrent pas ». Ah oui??? Je suis ravie de l'entendre : on vous pourchasse, on vous assomme, on vous traîne encore vivant sur la glace et ensuite, on vous dépèce (toujours vivant, de préférence), et vous ne souffrez pas? Je me tais...Fâché  Au nom du « travail » que procurent certaines industries, on a déboisé nos forêts, pollué nos rivières, fait du plat du pauvre qu'étaient le hareng et la morue, des plats de luxe, et j'en passe. L'Europe a voté contre le commerce des produits dérivés du phoque. Nos politiciens canadiens en sont mortifiés. Qui a raison, qui a tort? D'un côté, il y a, dit-on,  beaucoup (trop) de phoques qui bouffent tout le poisson, et moins de prédateurs de phoques (la banquise fond), de l'autre, il y a cette boucherie que l'on fait subir à ces pauvres bêtes... Alors?
     
    La grippe porcine : oh non! il ne faut plus l'appeler ainsi, cela traumatise l'industrie porcine! Cela donne une image négative de nos jambons et de nos côtelettes de porc! Alors, dotons-la d'un nom charmant : Grippe A H1N1. Cela fait érudit dans la conversation, et cela me rappelle les batailles navales de ma jeunesse.
     
    Les médias nous ont fichu la frousse : un cas déclaré en Alberta, un autre en Ontario, ciel, et trois au Québec! Faut-il craindre le pire? Certes, il y a eu une centaine de morts au Mexique et davantage aux États-Unis, oui, le virus a franchi les frontières grâce aux touristes. Oui, le vaccin de cet hiver est sans doute insuffisant pour nous protéger de cette grippe. On nous rebat le spectre de la grippe espagnole de 1918 : mais, bon sang, on n'est plus à cette époque!  Les progrès de la médecine, la panoplie de médicaments et les conditions d'hygiène de notre début de XXIe siècle ne se comparent pas avec la condition des gens au lendemain de la première guerre mondiale!
    C'est exact que la grippe tue des gens de nos jours (4000 par année au Canada, dit-on). Souvent, la grippe les emporte parce que leur système immunitaire est affaibli, parce qu'ils ont déjà de sérieux problèmes respiratoires ou cardiaques. La grippe leur apporte, je pense,  le coup de grâce. Mais de là à parler de pandémie, je pense qu'il y a des limites. Le cancer, les drogues et la vitesse au volant tuent chaque jour plus de monde que la grippe porcine. Et combien de nos soldats canadiens sont morts en Afghanistan, en sautant sur une mine? Alors, de grâce, soyons prudents mais évitons la psychose.
     
     
     
     
    May 06

    Le temps s'est arrêté :-)

    Depuis que j'écris dans ce blogue, je passe mon temps à constater que le temps file, comme l'eau d'un torrent entre nos doigts. Eh bien, les 1er et 2 mai, j'ai eu le bonheur de le voir s'arrêter - enfin, tout est relatif : je veux dire que, durant ces deux jours, j'ai eu le temps de savourer chaque minute. Je suis partie avec un voyage organisé pour cette magnifique région qu'est Charlevoix, là où le fleuve a des allures de mer. Il faisait frais mais beau, malgré une petite averse insignifiante. J'avais emporté mon lecteur mp3, mon appareil photo, mon maillot de bain et un bon livre.
     
    Le voyage réunissait des gens qui allaient au casino de Charlevoix - puisque nous couchions dans le même hôtel - et des membres du Club culturel de Québec, dont je fais partie depuis quelques mois. Plaisir de rencontrer quelques connaissances, d'échanger quelques mots et de se laisser conduire à travers les collines et les routes sinueuses. Je suis toujours impressionnée de descendre vers Baie-Saint-Paul, puis de continuer par monts et par vaux jusqu'au Manoir Richelieu. Ces deux heures de route nous transportent dans un monde rendu familieraux Québécois grâce au magnifique téléroman Le temps d'une paix évoquant la vie de familles de villageois charlevoisiens et de vacanciers de la bourgeoisie de Québec entre 1918 et le début des années 1930.
     
    Pour la rêveuse que je suis, ce genre d'escapade est un vrai petit bonheur. Certes, comme je ne me mêle pas facilement aux gens s'ils ne viennent pas à moi (on est timide ou on ne l'est pas) , je dois confesser que, durant ces deux jours, je me suis promenée seule et que j'ai mangé seule à ma petite table. Difficile, en effet, si on n'y est pas invitée, de se joindre à des petits groupes de personnes qui se connaissent bien et qui profitent de ce genre de voyage pour prendre le temps de se retrouver, difficile aussi de s'imposer à un couple en voyage. Mais je n'ai pas d'amertume. Combien de pays ai-je ainsi visités, en solitaire, depuis plus de trente ans... J'ai en ai donc profité pour vivre à mon rythme : aller où bon me semble, prendre un bon bain dans la piscine extérieure (chauffée, heureusement), une sensation que j'ai adorée, lire enfin le bouquin de Paul Coelho qui traîne depuis cet automne sur ma table de chevet, faire un peu de sudoku (excellent pour mes petites cellules grises!). La nature qui s'éveille, le fleuve majestueux et ses marées, l'air pur, le jeu des nuages, tout cela m'a grisée. Pendant 24 heures, le temps s'est arrêté et je me suis ressourcée. Les quelques photos que j'ai ajoutées dans mes albums reflètent ces moments de bonheur.
     
    J'ai écrit ces quelques lignes entre deux paragraphes sur Felix Mendelssohn, qui me donnent un peu de fil à retordre. Je dois livrer un article la semaine prochaine et j'ai un petit blocage. Je me sens alors comme une guêpe qui est entrée dans une bouteille et qui ne voit pas la sortie au-dessus d'elle Clin d'oeil. "Sortir de ma bouteille" en pensant à autre chose - comme nourrir ma page personnelle - me remet souvent les idées en place. Nul doute que mon fichu paragraphe sera écrit ce soir.
     
    Ah! J'oubliais : le livre de Paul Coelho s'intitule Comme le fleuve qui coule. Ce n'était vraiment pas prémédité, je vous le jure! Il s'agit de courts textes publiés par l'auteur entre 1998 et 2005. Chaque page est une leçon de vie et de sagesse. L'une d'elle m'a interpellée car elle traitait justement de notre difficulté de décrocher du quotidien et des multiples occupations que nous nous imposons. Ayant résisté à la tentation de sortir faire une course, l'auteur explique : « l'angoisse est immense, mais je suis décidé à rester ici, sans rien faire, au moins quelques heures. Peu à peu,l'anxiété cède la place à la contemplation, et je commence à écouter mon âme. Elle avait une envie folle de causer avec moi, mais je suis tout le temps occupé ». Causer avec mon âme ... c'est exactement ce que j'ai fait en ces premiers jours de mai !
    April 25

    C'est le printemps !

    Çà y est, le « vrai » printemps est arrivé : l'érable rouge qui est devant ma fenêtre a sorti ses bourgeons le lendemain du Jour de la Terre. Il est toujours le premier, dans le jardin, à saluer le renouveau de la nature. Dans quelques jours, les autres vont se réveiller et très bientôt, l'hiver sera un vieux souvenir. Bien sûr, il neigeait encore ce matin dans le Nord du Québec, me dit la météo, mais en ce qui nous concerne, dans la Vieille Capitale, il est permis de penser que c'est fini, jusqu'en novembre prochain. La pelouse verdit à vue d'oeil. Dans les maisons unifamiliales de mon secteur, les jacinthes rivalisent de couleur avec les crocus. Ce matin, par habitude, j'ai mis mon manteau de demi-saison, matelassé. J'avais oublié de regarder le thermomètre Surpris. Les gens se promènent en vélo, en short et chemisette, et moi, je suis couverte comme au Pôle nord... Je croise une copine dans la rue, elle me dit en riant : « Que fais-tu habillée comme çà? » C'est vrai que j'avais un peu chaud, mais, comme je suis une incorrigible frileuse, je n'ai pas trop tiqué. C'est en rentrant à la maison que j'ai failli m'évanouir : il faisait + 25° sur mon balcon!!! Soleil Il y a quelques jours, on nous annonçait des « températures légèrement au dessous de la normale », soit 6 ou 7°, et là, nous avons une chaleur estivale. Oh, elle ne durera pas, selon nos experts, mais c'est toujours cela de pris.
     
    Je me sens renaître. Rose rouge
     
     
    April 24

    Le bon parler ...

    Mon petit coup de dent va aujourd'hui à nos journalistes québécois de la radio et de la télévision. Depuis quelques années, ils ont pris une singulière habitude :  celle d'utiliser à tort et à travers « du côté de », cette expression que je trouve un peu rustique (je nuance!)  ayant remplacé dans leur vocabulaire deux petites prépositions pourtant bien commodes : « à »  et » en » (et, par extension,  « dans »).
     
    Si bien que les bulletins de nouvelles sont inévitablement farcis de phrases du genre :
     
    « Il pleut du côté de Québec.» (du côté seulement, donc pas à Québec?).
    « Le carambolage a eu lieu du côté de l'Autoroute 20 » (dans un champ bouseux, peut-être?)
    « Cela s'est passé du côté de l'Europe » (oh, que cela sonne plouc!), et pourquoi pas en Europe? Il me semble que c'est assez précis...
     
    J'ai déjà essayé de passer gentiment le message à quelques annonceurs. Peine perdue. Un tic verbal, c'est difficile à rectifier Déçu
    April 22

    Le Jour de la Terre : j'ai mal à la Terre!

    C'était aujourd'hui le Jour de la Terre. Fallait-il pavoiser et fêter Gaïa comme on fête nos mères, une fois par année seulement? Notre petite planète bleue a plutôt grise mine et n'a peut-être pas le coeur à souffler les bougies de son gâteau de fête, avec ses eaux polluées, ses terres épuisées par les produits chimiques et les pesticides, et je ne parle pas de son atmosphère! Pour un peu, Dame la Terre pourrait reprendre à son compte la célèbre tirade d'Arletty (Hôtel du Nord) : « Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère? » Je lis dans le journal que notre beau et grand pays, le Canada, vient de battre son record d'émission de gaz à effet de serre. Aïe! 
     
    Ce matin, comme tout le monde, j'ai pris mon auto. J'aurais bien utilisé les transports en commun, qui se résument dans la Vieille capitale en autobus, mais il n'y en avait pas pour ma destination.
     
    J'ai lu mon journal, lourd comme une encyclopédie, et qui ira ce soir remplir le bac à recyclage. Ah! pour apaiser la conscience, je ne l'ai pas acheté (je ne l'achète plus depuis des années, je le parcours sur le Web), mais je l'ai feuilleté dans un petit café de mon centre commercial. J'en ai profité pour acheter une nouvelle clé USB : emballée dans une coquille de plastique inviolable et coincée entre deux cartons épais! Cela me prendrait une scie pour déballer ma clé. Les ciseaux n'y arrivent pas.
     
    À l'épicerie, j'ai trouvé mes fruits et légumes préférés emballés trois fois plutôt qu'une, dans un plateau en styromousse dans lequel on a déposé une barquette en plastique (!), le tout étant enveloppé de plusieurs couches de pellicule transparente. Le jour de la Terre! Tiens donc...  Ce même jour de la Terre, une chaîne d'alimentation a décidé de faire payer 5 cents  à ses clients pour les sacs d'emballage de plastique qu'elle leur fournit. Le but est louable : il faut sensibiliser les consommateurs au fait que les sacs en plastique mettent je ne sais combien de siècles à se décomposer. Comme la plupart des clients utilisaient leurs sacs d'épicerie pour emballer leurs déchets domestiques, il devront désormais acheter des sacs à poubelle, qui sont ... en plastique. Confus Vient-on de régler un problème? Seul l'avenir nous le dira.
     
    De plus en plus souvent, on voit les acheteurs se promener avec leur sac à provisions réutilisable, vendu à bas prix dans les grands magasins. Cela me rappelle un fait plutôt cocasse : lorsque je suis arrivée au Québec, il y a près de 40 ans, je magasinais avec mon grand sac parisien, comme cela se faisait depuis belle lurette en Europe. Mes amis se payaient ma tête et les emballeurs à l'épicerie me disaient : « Madame, utilisez donc nos sacs en plastique ou en papier. Ils sont gratuits et nous sommes habitués à y mettre la nourriture de façon pratique». On ajoutait parfois : « Vous nous faites perdre du temps avec votre sac ». Embarrassé Comme les temps changent... Aujourd'hui, on nous fait une drôle de tête lorsqu'on oublie notre sac réutilisable ...
     
    Beaucoup d'efforts sont faits pour nous aider à respecter l'environnement et à recycler ce qui peut l'être. Seulement voilà : si chaque propriétaire et chaque immeuble résidentiel possède ses bacs de recyclage, combien de personnes bien intentionnées envoient dans le bac des contenants alimentaires non lavés, des bouteilles de vin qui sentent le fond de tonne, des emballages non recyclables? Ces objets contaminent le bac pavé de bonnes intentions et le rendent non recyclable, donc bon pour l'incinérateur. Et que dire des piles jetables et des appareils électroniques que l'on jette au moindre bogue (»Madame, à ce prix-là, cela ne vaut pas la peine de le réparer, achetez-en un autre») : « Il ne faut surtout pas les jeter dans la poubelle, claironnent les environnementalistes, mais les apporter dans un centre de recyclage »  (les piles, pas les environnementalistes Clin d'oeil). Facile à dire... Mais où diantre sont-ils, ces fichus centres de recyclage? À l'autre bout de la ville : je prends ma voiture pour y aller, je bouffe de l'essence et envoie dans l'air du monoxyde de carbone, alors que je voulais  ... protéger l'environnement.
     
    Tout cela pour vous dire qu'il n'est pas facile de vouloir sauver la Terre de ce merdier dans lequel on l'a plongée. Nos gestes positifs et nos bonnes intentions sont souvent pleins de paradoxes et de contradictions.
     
    Alors, bonne fête quand même, ma belle petite planète, la seule que je connaisse. Tu me nourris, tu me permets de vivre, de rêver et de m'épanouir. Si chacun d'entre nous fait quelque chose pour t'aider, peut-être finirons-nous par te guérir?
     
     
     
     
    April 19

    Pâques

     
     
    Et voilà! Je suis arrivée à Pâques, comme tout le monde. Pardon? Avec une semaine de retard, dites-vous? Oui et non... De par mes origines, je fête tout en double : la Pâque de mes concitoyens (dimanche dernier) et la Pâque orthodoxe, qui, cette année, est aujourd'hui, et que j'ai soulignée très discrètement, sans tambours ni trompettes (il faut dire que je me tiens assez loin de la communauté russe de Québec).
     
    Depuis que je suis organiste dans ma ravissante petite église anglicane Saint-Michael, et surtout cette année, je vis très intensément le Carême, la Semaine Sainte et la fête de la Résurrection. Pourquoi? Parce que la musique que je prépare chaque semaine me fait réfléchir et me transporte dans un univers à la fois contemplatif (répertoire plus intériorisé) et plein d'espérance (jusqu'à la Résurrection, que j'ai saluée avec l'Alléluia du Messie de Haendel), qui s'harmonise avec les lectures dominicales et les homélies pleines de sensibilité de notre curé. Être à la fois organiste et paroissienne me permet de participer pleinement à cette longue période qui conduit au retour à la vie. Cet automne, j'étais en quelque sorte rentrée dans ma bulle, volontairement, dans une sorte d'hibernation sociale, tout en écrivant sans relâche les nombreux articles que j'avais en chantier (et on appelle cela la "retraite", hum!) et en donnant des conférences. À Pâques, je renais, comme les brins d'herbe sur la pelouse, ou les crocus dans les jardins de mes voisins.  Je me rapproche de mes amis, régénérée après cette période de repli, vitale pour moi. Certes, j'ai rencontré beaucoup de gens intéressants cet hiver, par le biais de mes conférences mais, une fois ces activités accomplies, on se perd souvent de vue jusqu'à la prochaine fois et alors, je retombe dans ma douce hibernation. Cela me fait penser aux pères du Désert qui, au IVe siècle, allaient dans les villes porter la bonne nouvelle (et parler du Christ) et retournaient ensuite prier et méditer dans leur caverne (bon, d'accord, je ne suis pas un vieil ermite qui redoute les tentations, mais j'aime cette image : être à la fois dans le monde et à l'écart Arc-en-ciel, et être bien dans les deux cas).
     
    Le début de la Semaine Sainte a été un peu difficile cette année : le 6 avril était le 3e anniversaire du décès de ma chère Maman Vally. Je pensais que les années atténueraient la peine. Mais non : certes, la vie continue, mais le vide subsiste et durant des jours, en mars, j'ai songé avec une certaine angoisse à cette date que je voudrais rayer du calendrier. J'ai rappelé cet anniversaire à quelques amis, surtout à ceux qui avaient été très proches d'elle. Fort peu ont répondu : pas le temps, sans doute, ou simplement ... "Bof!" Et cela m'a fait un petit pincement au coeur. Mais j'ai compris que cela fait aussi partie de la vie : garder nos chers disparus dans notre coeur et ne pas trop déranger les autres avec.
     
    Quand j'ai le coeur un peu gros, comme ce fut le cas récemment (voir ci-dessus), généralement, je me "soigne" en écoutant du Handel : cela fonctionne à tout coup. Rire Cette fois, je ne sais pourquoi, j'ai dévoré du Bach (que j'aime beaucoup, cela va de soi): un ami m'a offert un disque avec des extraits de différentes oeuvres sacrées, pour écouter dans la voiture : Passion selon Saint-Matthieu, Oratorio de Noël, Messe en si mineur. Comme je me suis déplacée assez souvent, j'ai écouté et réécouté ces fragments sublimes. Un en particulier m'a donné des ailes : le choeur initial du Sanctus de la messe en si mineur. Un choeur somptueux et grandiose, comme les piliers d'une cathédrale gothique, qui se compare aux tableaux magnifiques des peintres de la Renaissance et du XVIIe siècle : tandis que le choeur d'hommes ponctue de magnifiques "Sanctus, Dominus Deus Sabbaoth" qui vibrent comme une puissante marche triomphale (le Dieu des armées), les voix de femmes (des garçons, à l'époque de Bach, et sur certains enregistrements) s'élancent, aériennes, comme un choeur angélique.  Et que dire de la joie qui se dégage du dansant "Pleni sunt coeli et terra" (le ciel et la terre sont remplis de ta gloire)!
     
    J'ai mis en ligne (ci-dessous) ce choeur magnifique. Puisse-t-il vous faire du bien Soleil
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Sanctus de la Messe en si mineur de Bach

    Cet extrait illustre mes propos de ce jour
     
     
    Enregistré à Saint-Thomas de Leipzig (l'église où Bach fut Cantor durant 27 ans), avec l'orchestre du Gewandhaus et le Kammerchor de Leipzig, dir. Herbert Blomstedt.
    March 15

    Les gens qui en font trop

    Mes amis que me lisent ont dû trouver le temps long : rien de neuf dans mon blog depuis le 20 janvier... J'ai l'impression de me répéter chaque fois que j'ouvre cette page : le temps passe, et  s'évanouit, que dis-je, me file entre les doigts, comme l'eau d'une cascade printanière.
     
    Il s'est passé beaucoup de choses en fait depuis mon anniversaire, qui était aussi le jour de l'assermentation de Barak Obama. Le 27 janvier, jour anniversaire de la naissance de Mozart, j'ai donné une conférence sur ma mère, Vally Zéléna, au Club culturel du Québec métropolitain. Une expérience qui aurait été, émotivement parlant, au dessus de mes forces, il y a encore quelques mois (mon deuil a été très long et douloureux) et qui m'a paru naturelle et sereine, en grande partie grâce à ce blog, que j'ai conçu d'abord en pensant à elle. Raconter ma mère à travers ses livres et aussi, comme je l'ai perçue, c'était un peu comme lui redonner la vie. 
     
    Depuis le début de février, je donne des conférences ayant pour sujet "Pour une approche moderne de l'opéra d'hier " et j'écris énormément : des articles, des programmes de concerts.
     
    Voilà qui explique mes infidélités épistolaires.
     
    En cette période de Carême, que je vis pour la première fois intensément - merci à mon curé, le Père Bruce - mais sans austérité, je me délecte d'un livre dans lequel il ne manque que ma photo : Clin d'oeil Les gens qui en font trop, de Bryan E. Robinson. Ce livre décrit bien des comportements compulsifs dont nous sommes souvent atteints : mettre ses priorités dans le travail, dans les autres, s'épuiser, s'oublier  complètement au risque de mettre sa santé et son harmonie en péril, passer à côté des "vraies choses", surcharger son agenda... Je croyais que j'avais pris ma retraite et voilà que je travaille presque plus qu'avant? Il était temps que je me réveille!
     
    Un paragraphe de ce bouquin salutaire m'a frappée : " Il est difficile de réaliser que l'on s'engage dans quelque chose de trop difficile pour nous, ou de dire non parce qu'on ne sait pas où fixer ses limites. Souvent, nous sacrifions nos propres besoins parce que nous considérons que ceux des autres sont plus importants. Nous avons tellement l'habitude de faire ce que les autres attendent de nous que nous ne savons plus ce que nous voulons ni ce dont nous avons besoin" (p. 72-73). Ce que les autres attendent de nous ... Tout un contrat! Parfois, j'ai l'impression - et je ne dois pas être la seule - d'être la soeur jumelle du Figaro de Rossini (Largo al factotum, avec son "Un' a la volta, per carità!). Alors j'ai commencé à élaguer. Ceux qui me reprochaient "d'en faire trop" font un peu la grimace lorsque j'annonce mon repli stratégique : "Qu'allons-nous faire si tu nous lâches?" me disent-ils. Ce à quoi je leur réponds que les cimetières sont remplis de personnes indispensables Sourire
     
    Quel lien entre ce bouquin et le Carême ? Une certaine forme de renoncement ( au lieu du jeûne alimentaire, un jeûne d'activités tentaculaires), l'humilité d'admettre mes limites et de prendre conscience de ce que j'ai vraiment envie de faire pour rester active. Comme on fait son ménage de printemps, je fais l'inventaire de ce qui me tient à coeur et de ce que j'ai négligé. J'aime donner des conférences, communiquer et échanger avec les gens, leur apporter quelque chose, un sujet de réflexion, une émotion. J'aime écrire, même si l'exercice me semble souvent douloureux. Cette semaine, en travaillant sur un article (la suite du Romantisme musical à Québec) je suis retournée aux Archives de l'université Laval, consulter un fonds musical. Je n'ai pas vu le temps passer : je manipulais avec passion des documents concernant le musicien sur lequel je fais des recherches, mon article prenait forme dans ma tête, et j'ai revécu toute l'excitation de mes années de Conservatoire à Paris, lorsque je ratissais les archives municipales de Versailles à la recherche de "mon" De Bury (sujet de mon concours de musicologie, voir Histoire de famille). J'aime toujours autant l'orgue, qui est comme une soupape de sureté qui me change les idées. Ce que j'ai négligé? Le plaisir quotidien d'une bonne promenade, à pied ou en raquettes dans notre belle neige, ou de téléphoner à certain(e)s ami(e)s. Sur ce dernier point, certains ont profité de mon "manque de temps" de ces dernières années (la belle excuse!) pour me larguer. Tant pis. Il me reste ceux qui ont été patients, compréhensifs, ou encore plus occupés que moi. Les vrais amis...
     
     
     
     
     
     
    January 21

    20 janvier, journée historique

    Voilà, au moment où je commence ce paragraphe, le 20 janvier est chose du passé. Journée historique pour les États-Unis, et pour la planète, je l'espère. Un président métissé (on dit qu'il est noir, mais, sauf erreur, il l'est à moitié), qui représente autant le peuple américain de toutes les couleurs que les immigrants,  jeune, intelligent, plein d'espoirs pour son pays qui vogue dans une triste déconfiture, qui est prêt à retrousser ses manches, au propre comme au figuré, un président qui arrive peut-être comme un Messie dans une Amérique fort mal en point... J'ai regardé en direct son assermentation : l'homme était comme sur un nuage et très ému au moment de prononcer les paroles qui allaient faire de lui le 44e président des États-Unis. Pour son discours, il a repris le ton énergique qu'on lui a connu durant la campagne présidentielle. Il a tendu la main à tous les Américains; il a tendu la main aux autres nations, tout en restant ferme en ce qui concerne les conflits et la violence qu'ils engendrent. Sera-t-il entendu? Saura-t-il changer les choses, comme tous l'espèrent? L'avenir nous le dira...
     
    Ah! j'oubliais : c'était aussi mon anniversaire... Rire Une belle journée ensoleillée, pas trop froide (après les - 32° de la semaine dernière, -7°, c'était le bonheur), qui s'est terminée par un bon souper. Comme Obama, j'ai commencé les festivités dimanche avec des amis, et je les poursuis jusqu'à vendredi.
     
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    December 24

    Joyeux Noël à tous les visiteurs de ma page personnelle

    Et voilà! Après un automne à la course, entre des écrits, des écrits et des écrits, entrecoupés de musique d'orgue, j'arrive à Noël en même temps que tout le monde! Un peu fatiguée, mais en forme.
     
    Noël, une fête chrétienne, devenue, au fil des décennies de ma vie, une fête commerciale et, faut-il le dire tout bas, une horrible corvée pour beaucoup de gens. Dans mon entourage je n'entends que cela : "il faut que je fasse une cadeau à... et je ne sais pas quoi lui acheter". Ma réponse  est souvent: "n'achète rien, confectionne quelque chose de tes mains (un gâteau, un bon petit plat à partager, un objet que tu auras fabriqué) et va passer un bon moment avec cette personne". Le "il faut" m'horripile au plus haut point. Il m'arrive de faire un cadeau spontané à un(e) ami(e), juste pour le plaisir, parce que j'ai vu dans une boutique quelque chose qui lui plairait. Et là,  au lieu de la joie que cela devrait procurer, je vois le regard embarrassé de la personne en question, qui me dit : "Et moi, je n'ai rien pour toi". Et alors??? Je n'attendais rien! Très vite, je vois arriver l'ami(e) avec un cadeau, et je pense à l'infortuné(e) qui a du courir les magasins en pestant (zut, un cadeau de plus à acheter!). Si bien que maintenant, je ne fais des cadeaux qu'à un nombre restreint de personnes - toujours les mêmes - en clamant haut et fort, à l'intention des autres, qu'il n'est pas nécessaire de m'en faire. Un petit mot gentil ou un appel téléphonique, ou une promenade dans la neige sauront me contenter.
     
    tout cela pour en revenir à Noël ; la fête du p'tit Jésus, de la Vierge et de Joseph. Presque balayés de notre vocabulaire, depuis que notre beau Québec a tourné le dos à sa religion et, en même temps, à ses traditions chrétiennes. On ne parle plus de sapin de Noël, mais de sapin des Fêtes... On ne se souhaite plus "Joyeux Noël", mais "joyeuses fêtes". Quelles fêtes? Celle des cadeaux, des centres commerciaux archibondés, de la dinde et de la tourtière bourrée de cholestérol et de sel (c'est mon foie qui parle Triste) de la bûche aux gras trans (beurk!!! c'est encore mon foie qui parleConfus) et des gueules de bois du lendemain (mon foie, tais-toi!) ? No, thanks! Je continue de penser que Noël, c'est d'abord et avant tout le souvenir de la naissance de Jésus (oui, je sais, il n'est pas né à Noël, et il n'y avait pas de sapin près de sa crèche), souvenir de la naissance de Jésus, dis-je, qui a fait le plus beau des cadeaux à l'humanité : l'espérance d'un monde meilleur et le don de sa vie pour racheter les conneries de nos ancêtres communs. Tout cela est peut-être purement symbolique ou légendaire pour certains, mais tout de même, cela vaut d'être fêté.
     
    Je persiste et signe donc : Joyeux Noël à tous!
     
     
     
    October 27

    Triste nouvelle

    Le Québec vient de perdre une voix. La soprano Hélène Fortin, professeure au Conservatoire de musique de Québec est décédée dans la nuit de samedi à dimanche (26 octobre), des suites d'une longue maladie. Je lui rendrai hommage dans le prochain numéro d'Infopéra. Hélène était une belle musicienne, dont la carrière scénique a été sérieusement ralentie par la maladie. C'était une battante, une femme aimant la vie, un professeur très dévoué (elle a enseigné également durant de longues années à la Faculté de  musique de l'Université Laval), une excellente pédagogue. 49 ans, c'est trop tôt pour partir!
    October 04

    Le temps passe si vite!

    Déjà le mois d'octobre! Je m'aperçois avec horreur que je n'ai rien écrit dans ce blogue depuis un mois! De nombreux textes à rédiger en peu de temps, trois conférences et la préparation musicale de la fête de Saint-Michel (saint patron de l'église où je suis organiste) ont plus qu'occupé mes journées.
     
    Les dernières semaines ont été passionnantes : le concours Opéralia, avec, dans notre belle ville, Plácido Domingo, une brochette prestigieuse de personnalités internationales du monde de l'opéra et 41 candidats hors-norme qui ont tenu en haleine durant quatre séances un public enthousiaste et fidèle. Plusieurs de ces jeunes chanteurs de moins de trente ans feront à coup sûr parler d'eux, qu'ils aient remporté un prix ou non.
     
    La rentrée aux Amis de l'orgue de Québec nous a valu un concert époustouflant de Dominique Gagnon, le 19 septembre, un atelier-concert intitulé "Jeux d'orgue" présenté le 28 septembre dans le cadre des Journées de la Culture par Louise Fortin-Bouchard et Jean-Eudes Beaulieu, tandis qu'à East Broughton, l'organiste titulaire Éric Vachon a réussi le tour de force d'y attirer Pierre Pincemaille, actuellement en tournée nord-américaine, pour un concert de musique française allant de César Franck à Maurice Duruflé, sans oublier une de ces étonnantes improvisations dont l'organiste de la basilique de Saint-Denis sait nous gratifier.
     
    Notre région commence à se parer de ses plus beaux atours : l'automne est en effet un extraordinaire festival de couleurs. De jour en jour, les arbres passent du vert au jaune, à l'orange ou au rouge flamboyant, pour notre plus grand plaisir. Curieux, alors que bien des gens, à l'automne de leur vie, redoutent de perdre leur éclat, voire de mourir, la nature, avant de sombrer dans un long sommeil qui ressemble à une mort, est peut-être plus belle que jamais...
     
    Une des grandes joies de ces dernières semaines a été de recevoir, via ce blogue, un courriel de France : mon ami d'enfance, perdu au moment du divorce de mes parents (on part d'un endroit, le coeur brisé, et on n'y revient pas) m'a retrouvée, grâce à Internet, par le plus grand des hasards. Que de courriels et de photos nous échangeons depuis deux semaines, pour rattraper ce lien perdu (c'est plus joli et plus exact que le "temps perdu", puisque nous avons chacun, avec bonheur, suivi notre chemin) et mettre en commun nos souvenirs d'il y a un demi-siècle.  Pleins de petits détails qui nous étaient sortis de l'esprit remontent à la surface, tout doucement. Fascinant et touchant à la fois.
     
    Chaque automne, je remets beaucoup de choses personnelles en question : quel est le sens de ma vie, à quoi je sers en ce bas monde, ce que j'attends de moi et des autres, etc. Un peu comme les feuilles des arbres qui tombent en cette saison, je me dépouille d'une foule de choses encombrantes pour l'âme et l'esprit, afin de mieux revivre. Cela me permet de faire le point, de redéfinir mes priorités et de faire un petit pas vers la sagesse et la sérénité. pas facile, mais exaltant! 
     
    Pour accompagner mon cheminement, j'ai lu ces jours-ci un petit bouquin intitulé François d'Assise à Saint-Damien, écrit par Michel Boyer, o.f.m. (Montréal, 1982, Éditions Paulines, 101 pages). Je voue de longue date une admiration sans borne au Poverello de Dieu et j'ai aimé il y a une vingtaine d'années fouler à plusieurs reprises le chemin qui va d'Assise à San Damiano, pour me recueillir là où Saint-François prêchait aux oiseaux. La paix, la beauté, l'amour transmis à ces lieux empreints de sa présence m'ont toujours touchée profondément. Le petit livre que j'ai lu décrit dans les moindres détails cet imposant crucifix peint, de plus de deux mètres de hauteur (aujourd'hui placé dans l'église Santa Chiara d'Assise) et le rôle qu'il exerça sur le jeune homme, en lui parlant de la sorte : Va, François, et répare mon église qui est en ruine".
     
    Je ne sais pas vraiment ce qui m'a poussée à ajouter ce paragraphe dans ce billet. Je jette un coup d'oeil dans le calendrier et, croyez-le ou non, c'est aujourd'hui, le 4 octobre, la fête de Saint-François
     
     
                                                                                                                                                                                                              
     

    crocifisso_intero

     
     
     
     
    September 04

    "Dis-où-t'as-été-cet-été?"

    "Dis-où-t'as-été-cet-été? Moi-j'ai été-à-Tahiti" C'était une chanson du temps de ma jeunesse et, dit très vite, cela donnait une allure exotique à cette phrase anodine. Moi, à part quelques voyages, je suis restée sagement à Québec. "L'année du 400e, tu as dû en profiter, veinarde!". C'est le commentaire que j'ai entendu bien souvent. Gros spectacle inaugural le 3 juillet, puis Paul McCartney, puis Céline Dion, Carmina Burana sur les Plaines d'Abraham, grands voiliers, etc. Eh bien, non! Vous ne m'avez pas rencontrée dans ces bains de foule monstre. J'ai suivi tout cela de très loin. Les raisons? J'ai une sainte horreur des rassemblements gigantesques comme ceux qu'on nous a offerts et des embouteillages qu'ils causent dans notre "gros village". Arriver quatre ou cinq heures d'avance (et je minimise!), poireauter sous la pluie ou en plein soleil, se faire piquer sa place par le gros costaud qui décide de se placer juste devant vous à la dernière minute,  rester debout en piétinant d'une jambe sur l'autre, se retrouver tous à la même heure devant le  même autobus pour rentrer se coucher, endurer un vacarme impossible (il faut que cela nous crève les tympans pour qu'on ait du plaisir), et je ne parle ni de bouffe ni de toilettes, autant de traumatismes dont ma claustrophobie se passe volontiers.
     
    J'ai donc trouvé un coin tranquille (oui c'était faisable) pour admirer dans le silence les magnifiques feux d'artifices du 3 juillet, date anniversaire de l'arrivée de Champlain à QUébec en 1608) et pleuré d'émotion devant les reflets dans le fleuve de ce spectacle magique, et regardé avec l'émerveillement d'un enfant le Moulin à images de Robert Lepage. Saisissant, surtout pour tout le passé de Québec... J'ai marché et pédalé sur la promenade Champlain, contemplé le potager des Visionnaires sur le toit du Musée de la Civilisation - une merveilleuse idée que cette orgie de légumes se mariant au bâtiment moderne, et dont la récolte contribue à apporter un peu de vitamines aux sans-abri de Lauberivière, vu  l'exposition du Louvre à Québec (moi qui croyais connaître le Louvre de fond en comble... Mon ego en a pris pour son rhume!), et celle de l'or des Amériques (quel pillage éhonté!), apprécié la belle maison des Jésuites et son exposition bien documentée sur le rôle des missionnaires et sur leur cohabitation avec les Amérindiens, vu dans la maison Hamel-Bruneau quatre siècles de présence religieuse à Québec (en passant, j'ai souri devant un délicieux tableau représentant les Ursulines en costume traditionnel, tricotant les fameuses chaussettes rouges et blanches du régiment écossais des Fraser Highlanders), découvert à la Gare du palais l'intéressante histoire des Juifs de Québec depuis le XVIIIe siècle.
     Fraser Highlandersbas
    Ces petits plaisirs simples et enrichissants pour l'âme ont été "mon" 400e à moi. Et j'en suis très heureuse.

    Coup de dent :-)

    Au gré de ma fantaisie, ce petit coup de dent sur ce qui m'interpelle.
     
    le titre de cette petite chronique mérite une explication : nous avions une chatte très douce et discrète, de race Havana Brown (espèce rare, issue de chat noir - un peu - et de siamois - beaucoup- , un chat entièrement brun comme les pointes des oreilles des siamois). Elle s'appelait Ursula mais elle avait tellement de classe, qu'on l'appelait "Madame" et elle réagissait aux deux noms. "Madame" était si distinguée, dans sa démarche et ses attitudes, qu'on ne pouvait s'empêcher de la vouvoyer Clin d'oeil. Or, "Madame Ursula" avait une curieuse habitude : lorsqu'elle passait devant une de nos bibliothèques bondées de livres et de disques, elle ne pouvait s'empêcher de mordre discrètement le coin du livre ou de la pochette du vinyle qui dépassait légèrement de l'étagère. C'était son petit coup de dent rituel, sa façon de signer son passage. De nombreux volumes ou revues de l'étage situé à sa hauteur étaient ainsi piqués par les petits crocs de la douce féline qui, en dehors de ce petit travers, était un modèle de chatte.
     
    J'ai donc décidé de laisser mon petit "coup de dent" (plus gentil qu'un coup de griffe) sur quelques détails de notre vie quotidienne.
     
    Ainsi, par exemple : tout l'été, on nous a sensibilisés sur le prix exhorbitant de l'essence, sur les pauvres compagnies d'avion obligées d'augmenter les tarifs ou de fermer boutique, sur les camionneurs au bord de la faillite et nous, les con-sommateurs (le trait d'union est voulu) payons la note, résignés et bien programmés à le faire ("Que voulez-vous! c'est ainsi, on n'y peut- rien", etc.). Nous avons pris l'autobus, réduit notre usage de l'automobile, avons fait nos devoirs en bons petits citoyens. Eh bien! figurez-vous que j'ai découvert une catégorie de contribuables qui doivent certainement payer leur carburant au rabais, s'ils ne l'ont pas gratos  Surpris : les propriétaires de bateaux de plaisance!!! Sur les lacs (comme à Châteauguay), ou sur le beau grand fleuve Saint-Laurent, à Québec même, que n'avons-nous pas entendu comme pétarades, et vu des courses folles aller-retour à plein gaz pendant des heures sur les eaux perturbées par tant de vagues? À croire que les moteurs de ces beaux bateaux ne consomment rien!