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    September 04

    "Dis-où-t'as-été-cet-été?"

    "Dis-où-t'as-été-cet-été? Moi-j'ai été-à-Tahiti" C'était une chanson du temps de ma jeunesse et, dit très vite, cela donnait une allure exotique à cette phrase anodine. Moi, à part quelques voyages, je suis restée sagement à Québec. "L'année du 400e, tu as dû en profiter, veinarde!". C'est le commentaire que j'ai entendu bien souvent. Gros spectacle inaugural le 3 juillet, puis Paul McCartney, puis Céline Dion, Carmina Burana sur les Plaines d'Abraham, grands voiliers, etc. Eh bien, non! Vous ne m'avez pas rencontrée dans ces bains de foule monstre. J'ai suivi tout cela de très loin. Les raisons? J'ai une sainte horreur des rassemblements gigantesques comme ceux qu'on nous a offerts et des embouteillages qu'ils causent dans notre "gros village". Arriver quatre ou cinq heures d'avance (et je minimise!), poireauter sous la pluie ou en plein soleil, se faire piquer sa place par le gros costaud qui décide de se placer juste devant vous à la dernière minute,  rester debout en piétinant d'une jambe sur l'autre, se retrouver tous à la même heure devant le  même autobus pour rentrer se coucher, endurer un vacarme impossible (il faut que cela nous crève les tympans pour qu'on ait du plaisir), et je ne parle ni de bouffe ni de toilettes, autant de traumatismes dont ma claustrophobie se passe volontiers.
     
    J'ai donc trouvé un coin tranquille (oui c'était faisable) pour admirer dans le silence les magnifiques feux d'artifices du 3 juillet, date anniversaire de l'arrivée de Champlain à QUébec en 1608) et pleuré d'émotion devant les reflets dans le fleuve de ce spectacle magique, et regardé avec l'émerveillement d'un enfant le Moulin à images de Robert Lepage. Saisissant, surtout pour tout le passé de Québec... J'ai marché et pédalé sur la promenade Champlain, contemplé le potager des Visionnaires sur le toit du Musée de la Civilisation - une merveilleuse idée que cette orgie de légumes se mariant au bâtiment moderne, et dont la récolte contribue à apporter un peu de vitamines aux sans-abri de Lauberivière, vu  l'exposition du Louvre à Québec (moi qui croyais connaître le Louvre de fond en comble... Mon ego en a pris pour son rhume!), et celle de l'or des Amériques (quel pillage éhonté!), apprécié la belle maison des Jésuites et son exposition bien documentée sur le rôle des missionnaires et sur leur cohabitation avec les Amérindiens, vu dans la maison Hamel-Bruneau quatre siècles de présence religieuse à Québec (en passant, j'ai souri devant un délicieux tableau représentant les Ursulines en costume traditionnel, tricotant les fameuses chaussettes rouges et blanches du régiment écossais des Fraser Highlanders), découvert à la Gare du palais l'intéressante histoire des Juifs de Québec depuis le XVIIIe siècle.
     Fraser Highlandersbas
    Ces petits plaisirs simples et enrichissants pour l'âme ont été "mon" 400e à moi. Et j'en suis très heureuse.

    Coup de dent :-)

    Au gré de ma fantaisie, ce petit coup de dent sur ce qui m'interpelle.
     
    le titre de cette petite chronique mérite une explication : nous avions une chatte très douce et discrète, de race Havana Brown (espèce rare, issue de chat noir - un peu - et de siamois - beaucoup- , un chat entièrement brun comme les pointes des oreilles des siamois). Elle s'appelait Ursula mais elle avait tellement de classe, qu'on l'appelait "Madame" et elle réagissait aux deux noms. "Madame" était si distinguée, dans sa démarche et ses attitudes, qu'on ne pouvait s'empêcher de la vouvoyer Clin d'oeil. Or, "Madame Ursula" avait une curieuse habitude : lorsqu'elle passait devant une de nos bibliothèques bondées de livres et de disques, elle ne pouvait s'empêcher de mordre discrètement le coin du livre ou de la pochette du vinyle qui dépassait légèrement de l'étagère. C'était son petit coup de dent rituel, sa façon de signer son passage. De nombreux volumes ou revues de l'étage situé à sa hauteur étaient ainsi piqués par les petits crocs de la douce féline qui, en dehors de ce petit travers, était un modèle de chatte.
     
    J'ai donc décidé de laisser mon petit "coup de dent" (plus gentil qu'un coup de griffe) sur quelques détails de notre vie quotidienne.
     
    Ainsi, par exemple : tout l'été, on nous a sensibilisés sur le prix exhorbitant de l'essence, sur les pauvres compagnies d'avion obligées d'augmenter les tarifs ou de fermer boutique, sur les camionneurs au bord de la faillite et nous, les con-sommateurs (le trait d'union est voulu) payons la note, résignés et bien programmés à le faire ("Que voulez-vous! c'est ainsi, on n'y peut- rien", etc.). Nous avons pris l'autobus, réduit notre usage de l'automobile, avons fait nos devoirs en bons petits citoyens. Eh bien! figurez-vous que j'ai découvert une catégorie de contribuables qui doivent certainement payer leur carburant au rabais, s'ils ne l'ont pas gratos  Surpris : les propriétaires de bateaux de plaisance!!! Sur les lacs (comme à Châteauguay), ou sur le beau grand fleuve Saint-Laurent, à Québec même, que n'avons-nous pas entendu comme pétarades, et vu des courses folles aller-retour à plein gaz pendant des heures sur les eaux perturbées par tant de vagues? À croire que les moteurs de ces beaux bateaux ne consomment rien!