Irène's profileBienvenue chez IrènePhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
|
May 20 L'Orgue Richard 1753 au musée de l'Amérique françaiseEsquisse d'un article pour le Bulletin des Amis de l'Orgue de Québec. L'orgue Richard a été installé en 1753 à la cathédrale de Québec. Il a été détruit en 1759 lors du bombardement de la cathédrale, durant la guerre qui a opposé la France à l'Angleterre et qui a changé l'histoire du Canada. Cet instrument a été reconstruit d'après les plans d'origine par la compagnie Juget-Sinclair de Montréal et installé dans le musée de l'Amérique française (ancienne chapelle extérieure du Séminaire), à quelques pas de la cathédrale. Le document audiovisuel que l'on peut entendre a été mis sur Youtube par Juget-Sinclair. Voir dans mon album quelques photos prises par moi (sauf mention contraire) le 12 mai dernier, lors de la conférence de presse soulignant l'installation de l'instrument. D'autres suivront prochainement. http://www.youtube.com/watch?v=4nD9lOeZL6A May 17 « À la poussière tu retourneras »Hier, j'accompagnais des funérailles à mon église : il y avait un cercueil qui, après la cérémonie religieuse fut porté au cimetière Mount Hermon, de l'autre coté de la rue ... un de mes lieux de promenade préférés : non pas que j'aie l'esprit macabre, loin de là, mais parce que j'aime regarder ces belles pierres tombales et ces monuments originaux dont plusieurs sont du XIXe siècle, et voir quelques générations de familles anglophones puis francophones de Québec reposer dans cet endroit serein, vallonné et ombragé.
Aujourd'hui, avec mes amis paroissiens, à l'occasion des Rogations, nous avons jardiné et débroussaillé le terrain de l'église. Notre curé a béni la terre et nous avons vaillamment et joyeusement râtissé, élagué, redonné un sens à ce " jardin de curé" laissé à l'abandon depuis presque deux ans. D'un côté de la rue, le repos éternel, de l'autre, la vie qui reprend...
Cet après-midi, après le jardinage, je suis allée assister aux obsèques d'une merveilleuse musicienne de QUébec, la pianiste Renée Morisset, décédée à l'âge de 80 ans. Elle et son mari Victor Bouchard avaient formé un prestigieux duo de pianistes et avaient parcouru le monde, avec un répertoire allant de Bach à nos jours, jouant aussi bien Mozart et Schubert (divinement) que des compositeurs canadiens auxquels ils ont inspiré des sonates et des concertos. La cérémonie religieuse avait lieu au Palais Montcalm, une salle de spectacles à l'acoustique remarquable et qui conserve un caractère chaleureux et accueillant. Un magnifique quatuor à cordes, le Quatuor Arthur-Leblanc et le clariniettiste Stéphane Fontaine ont su merveilleusement créer une atmosphère propice à la sérénité et au recueillement. Cette fois, une urne funéraire était posée sur la scène, avec les cendres de la défunte.
Et là, j'ai revécu en un éclair les funérailles de ma mère, qui avait choisi depuis des années l'incinération et décrit bien clairement le genre de cérémonie sobre qu'elle voulait : "Rien de spécial, quelques prières autour de l'urne, pas d'église, pas de messe, pas de fla-fla" me disait-elle souvent. J'en avais discuté avec elle à plusieurs reprises et finalement, je lui avais fait remarquer que les funérailles, c'est aussi pour entourer ceux qui restent, et que je risquerais d'être bien seule en ce jour que j'appréhendais. Elle m'avait alors dit : "Ma petite fille, tu feras ce que tu voudras, moi je ne serai plus de ce monde... Ce que je veux, c'est te donner le moins de tracas possible". Chère Maman, toujours aussi délicate et discrète... Alors, je lui avais expliqué qu'il y aurait les amis, les miens, les siens et la belle-famille et que je respecterais ses voeux, en y ajoutant un peu de musique et quelques paroles. Ce qui fut fait, avec un diacre qui a brossé d'elle un portrait magnifique, et de la musique que j'avais choisie, et qui ne devait surtout pas être de l'orgue, car je ne voulais pas que mon instrument préféré fût associé à tout jamais au décès de ma mère... Alors nous avons écouté un Intermezzo pour piano de Brahms et l'Intermezzo pour orchestre de Cavalleria rusticana de Mascagni.
Là où je veux en venir, c'est au moment précis où je suis arrivée au salon funéraire. J'étais toute seule et, bien entendu d'avance. J'entre dans cette grande pièce qu'est le salon réservé pour Maman et, à l'autre extrêmité, je vois l'urne, qu'elle avait choisie elle-même avec, à ses côtés, un joli bouquet de fleurs. J'avoue que le choc fut terrible : je fixais cette petite boîte rectangulaire, en marbre clair, et je me disais : voilà tout ce qui reste de ma mère : une petite poignée de cendres! "Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras" (Genèse, 3/10). Là, j'ai pleinement réalisé que son passage sur terre était bel et bien terminé. Ce fut un moment très douloureux et angoissant, qui fut suivi d'un apaisement lorsque, un à un, nos amis sont arrivés. J'avais choisi le lundi de Pâques pour cette cérémonie, que je désirais associer à une nouvelle vie pour elle. Quelques jours plus tard, nous avons, en très petit comité, assisté à la "mise en niche" de l'urne dans son emplacement, que Maman appelait à la blague son "condo de luxe avec vue sur jardin (le cimetière)". En trois ans, je ne suis retournée qu'une fois au mausolée où elle repose. Lorsque j'ai posé la main sur sa plaque, j'ai ressenti une forte vibration, mon imagination, sans doute... Je sens que je vais aller me recueillir à cet endroit très bientôt. Pourtant, c'est plus fort que moi : je me dis souvent que ce petit tas de cendres n'est plus vraiment ma mère. Cette poussière d'elle n'a plus d'âme, elle se confond avec toutes les poussières et les cendres du monde. Maman est ailleurs , souvent à mes côtés ... Et aussi dans ce blogue. C'est l'essentiel.
Ah oui! Hier soir, je suis allée à l'opéra : durant l'Intermezzo de Cavalleria rusticana, je n'ai pas pu m'empêcher de verser une petite larme...
May 09 La fête de mèresIl y a un an, à l'occasion de la fête de mères (qui, au Canada a lieu le 2e dimanche du mois de mai), je créais cette page personnelle, parce que j'avais le coeur gros en pensant à la fête des mères sans "Elle" et, en la façonnant, j'avais soudain ressenti sa présence souriante à mes côtés, une présence qui me disait doucement : "Merci". Cela m'avait permis de mieux passer à travers cette fête qui n'en est plus une pour moi, vu que je n'ai pas d'enfants. En retour, j'ai eu, par cette page web, des petits cadeaux tout au long de l'année : un ami d'enfance retrouvé grâce à mon blogue, une dame charmante qui m'a écrit et qui partage avec moi la passion de la musique; des amis qui viennent régulièrement lire et regarder ce qu'il y a de nouveau, et qui m'envoient leurs impressions et des petits mots gentils. Pour toutes ces raisons, c'est maintenant à moi de lui dire "Merci" de m'avoir donné cette impulsion et, à mes correspondants et amis, merci d'être là, à portée de clavier.
À toutes les mères québécoises et canadiennes, je souhaite une belle fête demain
P.S. : J'ai fini par trouver l'inspiration pour mon paragraphe sur Mendelssohn et mon texte est terminé (voir blogue du 6 mai) Les finances, les phoques et la grippeTous ceux qui ont des petites économies qui ont fondu comme neige au soleil tandis que certains magnats de la finance s'en mettent plein les poches, font leurs dévotions aux cours de la bourse et se disent, comme pour défier Newton : « tout ce qui descend finira bien par remonter »
Depuis des années, il y a les promoteurs de la chasse aux phoques : « cela donne du travail aux Inuit et aux Terreneuviens. Et puis, les phoques ne souffrent pas ». Ah oui??? Je suis ravie de l'entendre : on vous pourchasse, on vous assomme, on vous traîne encore vivant sur la glace et ensuite, on vous dépèce (toujours vivant, de préférence), et vous ne souffrez pas? Je me tais...
La grippe porcine : oh non! il ne faut plus l'appeler ainsi, cela traumatise l'industrie porcine! Cela donne une image négative de nos jambons et de nos côtelettes de porc! Alors, dotons-la d'un nom charmant : Grippe A H1N1. Cela fait érudit dans la conversation, et cela me rappelle les batailles navales de ma jeunesse.
Les médias nous ont fichu la frousse : un cas déclaré en Alberta, un autre en Ontario, ciel, et trois au Québec! Faut-il craindre le pire? Certes, il y a eu une centaine de morts au Mexique et davantage aux États-Unis, oui, le virus a franchi les frontières grâce aux touristes. Oui, le vaccin de cet hiver est sans doute insuffisant pour nous protéger de cette grippe. On nous rebat le spectre de la grippe espagnole de 1918 : mais, bon sang, on n'est plus à cette époque! Les progrès de la médecine, la panoplie de médicaments et les conditions d'hygiène de notre début de XXIe siècle ne se comparent pas avec la condition des gens au lendemain de la première guerre mondiale!
C'est exact que la grippe tue des gens de nos jours (4000 par année au Canada, dit-on). Souvent, la grippe les emporte parce que leur système immunitaire est affaibli, parce qu'ils ont déjà de sérieux problèmes respiratoires ou cardiaques. La grippe leur apporte, je pense, le coup de grâce. Mais de là à parler de pandémie, je pense qu'il y a des limites. Le cancer, les drogues et la vitesse au volant tuent chaque jour plus de monde que la grippe porcine. Et combien de nos soldats canadiens sont morts en Afghanistan, en sautant sur une mine? Alors, de grâce, soyons prudents mais évitons la psychose.
May 06 Le temps s'est arrêté :-)Depuis que j'écris dans ce blogue, je passe mon temps à constater que le temps file, comme l'eau d'un torrent entre nos doigts. Eh bien, les 1er et 2 mai, j'ai eu le bonheur de le voir s'arrêter - enfin, tout est relatif : je veux dire que, durant ces deux jours, j'ai eu le temps de savourer chaque minute. Je suis partie avec un voyage organisé pour cette magnifique région qu'est Charlevoix, là où le fleuve a des allures de mer. Il faisait frais mais beau, malgré une petite averse insignifiante. J'avais emporté mon lecteur mp3, mon appareil photo, mon maillot de bain et un bon livre.
Le voyage réunissait des gens qui allaient au casino de Charlevoix - puisque nous couchions dans le même hôtel - et des membres du Club culturel de Québec, dont je fais partie depuis quelques mois. Plaisir de rencontrer quelques connaissances, d'échanger quelques mots et de se laisser conduire à travers les collines et les routes sinueuses. Je suis toujours impressionnée de descendre vers Baie-Saint-Paul, puis de continuer par monts et par vaux jusqu'au Manoir Richelieu. Ces deux heures de route nous transportent dans un monde rendu familieraux Québécois grâce au magnifique téléroman Le temps d'une paix évoquant la vie de familles de villageois charlevoisiens et de vacanciers de la bourgeoisie de Québec entre 1918 et le début des années 1930.
Pour la rêveuse que je suis, ce genre d'escapade est un vrai petit bonheur. Certes, comme je ne me mêle pas facilement aux gens s'ils ne viennent pas à moi (on est timide ou on ne l'est pas) , je dois confesser que, durant ces deux jours, je me suis promenée seule et que j'ai mangé seule à ma petite table. Difficile, en effet, si on n'y est pas invitée, de se joindre à des petits groupes de personnes qui se connaissent bien et qui profitent de ce genre de voyage pour prendre le temps de se retrouver, difficile aussi de s'imposer à un couple en voyage. Mais je n'ai pas d'amertume. Combien de pays ai-je ainsi visités, en solitaire, depuis plus de trente ans... J'ai en ai donc profité pour vivre à mon rythme : aller où bon me semble, prendre un bon bain dans la piscine extérieure (chauffée, heureusement), une sensation que j'ai adorée, lire enfin le bouquin de Paul Coelho qui traîne depuis cet automne sur ma table de chevet, faire un peu de sudoku (excellent pour mes petites cellules grises!). La nature qui s'éveille, le fleuve majestueux et ses marées, l'air pur, le jeu des nuages, tout cela m'a grisée. Pendant 24 heures, le temps s'est arrêté et je me suis ressourcée. Les quelques photos que j'ai ajoutées dans mes albums reflètent ces moments de bonheur.
J'ai écrit ces quelques lignes entre deux paragraphes sur Felix Mendelssohn, qui me donnent un peu de fil à retordre. Je dois livrer un article la semaine prochaine et j'ai un petit blocage. Je me sens alors comme une guêpe qui est entrée dans une bouteille et qui ne voit pas la sortie au-dessus d'elle
Ah! J'oubliais : le livre de Paul Coelho s'intitule Comme le fleuve qui coule. Ce n'était vraiment pas prémédité, je vous le jure! Il s'agit de courts textes publiés par l'auteur entre 1998 et 2005. Chaque page est une leçon de vie et de sagesse. L'une d'elle m'a interpellée car elle traitait justement de notre difficulté de décrocher du quotidien et des multiples occupations que nous nous imposons. Ayant résisté à la tentation de sortir faire une course, l'auteur explique : « l'angoisse est immense, mais je suis décidé à rester ici, sans rien faire, au moins quelques heures. Peu à peu,l'anxiété cède la place à la contemplation, et je commence à écouter mon âme. Elle avait une envie folle de causer avec moi, mais je suis tout le temps occupé ». Causer avec mon âme ... c'est exactement ce que j'ai fait en ces premiers jours de mai ! |
|
|