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May 29 Histoire de famille (4)Mon entrée au Conservatoire de Paris en 1966 fut un des moments les plus importants de ma vie : je venais de prouver à ceux qui avaient douté de moi - et à moi-même - que je pouvais réussir en musique et qu'il y avait une place pour moi dans cet univers d'élite, même si je n'étais pas une virtuose en instrument et si je n'avais pas l'oreille absolue, alors considérée alors comme une condition sine qua non pour se faire une place au soleil. Le Conservatoire était situé rue de Madrid, dans le 8e arrondissement, non loin du quartier Saint-Lazare et des grands boulevards. Pour y aller, je devais traverser tout Paris en autobus ou en métro, et le trajet durait de 20 à 40 minutes, selon le moyen de locomotion que je privilégiais et les embouteillages, lorsqu'il était question du bus.
Les cours avaient lieu dans la vieillotte salle Couperin, ornée - façon de parler - de fresques néoclassiques fatiguées et décolorées par les années. En ce temps-là - je parle comme un vieux bonze - les aspirants à la classe assistaient aux cours dès la rentrée d'octobre et passaient le concours d'entrée environ six semaines plus tard. C'est dire qu'ils avaient eu le temps de prendre le pouls de la classe, d'évaluer leurs possibilités et aussi de s'attacher au professeur comme aux autres élèves. On imagine sans peine combien un échec pouvait être douloureux pour eux. Le programme du cours d'histoire s'étalait sur trois ans et les élèves des trois niveaux suivaient les mêmes cours et passaient les mêmes concours de fin d'année. Les élèves de première année ne pouvaient obtenir qu'un accessit, ceux de deuxième année, un second Prix, le premier prix étant réservé à ceux de troisième année. La classe comprenait une quarantaine de places et les seules disponibles étaient celles libérées par les diplômés de troisième année, les démissions et les renvois. J'eus la joie d'être acceptée du premier coup et, dès la première année, de remporter de brillants résultats. Parmi mes camarades, il y avait de talentueux inteprètes, déjà munis d'un prix de Conservatoire, des compositeurs, élèves d'André Jolivet ou d'Olivier Messiaen, et quelques "intellectuels" qui avaient hésité, pour l'histoire et la musicologie, entre la Sorbonne de Jacques Chailley et le Conservatoire de Norbert Dufourcq. Comme le maître était régulièrement invité au Québec pour donner des conférences pour les Jeunesses musicales, il acceptait avec bienveillance des élèves et des auditeurs canadiens. Le hasard voulut que j'eusse pour compagnons de classe trois québécois, Claude, le saxophoniste, Robert, l'organiste, ainsi que Renée, la cantatrice, qui assistait aux cours comme auditrice. Nous avons rapidement sympathisé et ces trois musiciens sont devenus mes premiers amis québécois. Claude, très expansif et enthousiaste, me parlait de son pays et de ses coutumes, riait de mes connaissances de l'Amérique qui se limitaient alors à "Ma cabane au Canada", aux cow-boys et aux Indiens des westerns télévisés, aux gratte-ciels de New York et à l'opérette "Rose-Marie"! Je ne tardais pas à avoir un petit faible pour mon sympathique voisin et ce fut réciproque! Il était aussi démonstratif que j'étais timide, et sa fréquentation m'aida à sortir quelque peu de ma coquille. En plus de l'histoire, Claude faisait des démarches pour entrer au Conservatoire dans la classe de saxophone de Marcel Mule car, ayant commencé tard ses études musicales au Conservatoire de Québec, il avait atteint la limite d'âge pour passer le concours de Paris. La foi transporte des montagnes, dit-on. Claude a tellement cru en son rêve qu'il entra finalement, pour son plus grand bonheur, dans la classe de saxophone l'année suivante, où il eut pour professeur le successeur de Marcel Mule, Daniel Deffayet.
Au terme de nos études d'histoire de la musique, en juin 1969, nous nous sommes mariés, à quelques rues du Conservatoire, non loin de la Place Clichy, dans la chapelle Saint-André d'Europe, rue de Léningrad, baptisée depuis, rue de Saint-Pétersbourg. La Russie me collait décidément à la peau! Mon père ayant disparu de ma vie depuis mes dix-huit ans, c'est au bras de Norbert Dufourcq que je traversai la nef de la chapelle, au son de l'orgue touché par l'ami Robert. Comme Claude était catholique et moi orthodoxe, il nous fallut une dispense spéciale et je dus promettre d'élever nos futurs enfants dans la religion catholique! May 13 Histoire de famille (3)Mes années d'études musicales furent pittoresques : l'École César Franck était une petite institution privée située dans le quartier Montparnasse, qui avait, lorsque j'y suis entrée, pignon sur le début de la rue Jules Chaplain, tandis que l'autre extrêmité de la rue - qui n'était pas très longue - était le fief de prostituées aux cheveux décolorés, arpentant le trottoir, en fumant comme des cheminées. En arrivant par le métro, on passait inévitablement chaque jour par le coin des filles de joie, qui regardaient les sages petites musiciennes d'un air bovin.
Le bâtiment de l'école était assez vétuste mais chaleureux et j'y ai passé des années heureuses, avec des professeurs très dévoués, en potassant ma théorie, en m'escrimant sur mes gammes au piano et en me passionnant pour l'histoire de la musique. Comme chaque discipline était payante et que je n'avais pas beaucoup d'argent, j'avais appris tant bien que mal l'harmonie par moi-même, avec l'aide de quelques camarades. Le professeur d'analyse musicale, Olivier Alain, appartenait à l'illustre famille Alain (Albert, Jehan et Marie-Claire). Il était aussi le directeur de l'école et acceptait gratuitement dans sa classe les auditeurs intéressés. Nous étions donc plusieurs à suivre assidûment son cours qui était passionnant. Cette classe, où se rencontraient des sommités comme la musicologue Brigitte Massin, reste un des plus beaux souvenirs de mes années d'apprentissage. Olivier Alain s'installait au piano avec un petit sourire de Joconde, et donnait tous les exemples du cours de mémoire, faisant des liens subtils entre tel accord de Didon et Énée de Purcell et tel passage de Bach, tel motif de la 40e de Mozart et Tannhaüser de Wagner, nous initiait à l'analyse selon Olivier Messiaen, disséquait les leitmotive de l'Or du Rhin de Wagner ou chaque cellule de la danse du Sacre du Printemps, nous parlait des modes karnatiques et des échelles de Costère. Bref, le monde musical se révélait à nous chaque semaine et nous semblait infini.
Comme j'avais appris en un temps record la théorie musicale, les 7 clés en solfège et que le secrétariat connaissait ma situation financière précaire, on me donna bientôt la chance d'enseigner la formation auditive aux élèves débutants. C'était passionnant mais très délicat : une élève enseignant à d'autres élèves, et se faisant par ailleurs houspiller en clase de groupe par le professeur de piano quand la sonate au programme n'avançait pas à son goût, ce n'était pas toujours facile à gérer. J'ai aussi fait du chant, pensant suivre les traces de ma mère, qui avait chanté la Reine de la Nuit et les Clochettes de Lakmé. Il fallut bien se rendre à l'évidence : je ne serais jamais Lily Pons! Pas plus qu'Horowitz ou Lipatti, d'ailleurs. Mon professeur de piano me foudroyait du regard, car mes partitions étaient barbouillées de détails analytiques et historiques. Le cours se terminait invariablement par un affectueux mais parfois agacé : "ma chère enfant, vous feriez mieux de mettre des doigtés au lieu de perdre votre temps à ces sottises!"
Les sottistes en question, je les apprenais chez le directeur, mais aussi chez un jeune professeur d'histoire de la musique, auquel je dois toutes mes conaissances de base et sans doute, la prise de conscience de ma vocation, Rémi Stricker, devenu par la suite professeur d'esthétique musicale au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il a décelé ma facilité (quel contraste avec mes années d'enfance!) et ma passion pour l'histoire de la musique et me dit un jour : "Vous devriez vous présenter au Conservatoire". J'ai cru alors que le ciel me tombait sur la tête : moi, l'élève médiocre en piano, le petit filet de voix, au Conservatoire? La classe à laquelle il songeait était celle du grand Norbert Dufourcq, auteur de dictionnaires, de nombreux volumes dans lesquels je buvais mon savoir. Je n'en revenais pas... En 1966, je m'inscrivis au Conservatoire en histoire de la musique, et réussis le concours, considéré comme difficile. Lorsque Norbert Dufourcq, qui rencontrait individuellement chacun de ses élèves, me demanda d'un ton paternel " Alors, ma petite Irène, que comptes-tu faire plus tard", je répondis avec aplomb : "Enseigner l'histoire au Conservatoire!". Mon rêve s'est réalisé, en 1972, à Québec. Mais, ceci est une autre histoire May 10 Histoire de famille (2)Dans le billet précédent, j'ai présenté rapidement ma mère, de sa naissance à son divorce, en passant par ses prouesses aériennes, son sens artistique, son mariage et son grand amour secret. Le reste de l'histoire est un peu plus tranquille, au point que, lorsque des admirateurs, rencontrés au Salon du livre, à Québec, à Rimouski ou à Montréal, lui demandaient si elle comptait publier le troisième volume de son récit autobiographique, elle répondait ; "Je n'ai plus rien à raconter!" En un sens, c'est vrai : plus d'histoire d'amour, plus de sensations grisantes de la terre vue du ciel, une petite vie laborieuse à Paris, du genre "métro-boulot-dodo", dans un petit appartement sans lavabo et sans baignoire! Mais un grand couloir de sept mètres en angle droit, reliant l'entrée à la salle à manger et à la chambre à coucher. J'y ai chaussé plus d'une fois mes patins à roulettes! C'était simple, mais accueillant, malheureusement sans soleil, et j'y ai vécu pratiquement sans interruption jusqu'en 1971, date de mon départ pour Québec.
Avant de poursuivre l'histoire de ma mère, il est temps de glisser quelques mots à mon sujet. Un peu comme Berlioz dans ses Mémoires, je ne dirai que ce que je veux bien dire
Fille unique, ardemment désirée par ma mère, grande déception de mon père, qui voulait un garçon - ce qui explique peut-être le dédain que j'ai eu pour les poupées que Maman s'obstinait à m'offrir chaque année pour Noël, préférant de loin les petits soldats de plomb (l'horreur, me direz-vous, en ce monde où nous craignons tant la contamination...), mes petites voitures de course, le train électrique qui zigzaguait dans le couloir. Je crois qu'inconsciemment, je recherchais des jeux qui pourraient me rapprocher de ce père indifférent. Et je grimpais aux arbres, jouais au ballon avec les garçons de mon âge, me battais avec eux et revenais les genoux écorchés à la maison. Mon père se passionnait pour le bouddhisme, la Chine et l'Égypte ancienne. J'ai hérité de lui mon intérêt fortement marqué pour ce dernier pays et c'est avec fierté que je me promenais souvent avec lui dans le département des Antiqués du musée du Louvre. C'est, avec la bicyclette, une des rares complicités que nous avons partagées, lui et moi.
J'étais une petite fille très timide, maladroite et plutôt solitaire : il faut dire qu'être russe à l'école était loin d'être une attraction agréable, lorsqu'on parlait partout du Rideau de fer et que les tanks soviétiques envahissaient Budapest. De plus, ma religion orthodoxe me reléguait, en ce pays encore très catholique - au rang des âmes perdues. J'avais donc à l'école quelques amies coreligionaires, russes également, qui vivaient les mêmes difficultés que moi. Nous n'avions cependant pas forcément les mêmes goûts, si bien que je préférais la solitude, en compagnie d'un bon livre ou d'un jeu de patience et de construction. Par chance, au lycée, je me suis fait une grande amie, Michèle, qui reste encore, près d'un demi-siècle plus tard, une véritable soeur pour moi. Je suis d'ailleurs la marraine de sa fille.
Dès l'âge de six ans, ma mère me fit apprendre le piano, avec un professeur russe, évidemment. Je ne me souviens pas avoir été un petit Mozart
Jusqu'à mon adolescence, j'ai passé aux yeux de mes professeurs, et de mon père, pour une "demeurée" qui ne ferait jamais d'études poussées. Seule Maman claironnait à qui voulait l'entendre que sa fille était loin d'être l'idiote que l'on croyait! May 09 Histoire de famille (1)Lorsque j'ai commencé, hier, à alimenter ma page perso, juste pour voir quel effet cela produisait, j'ai senti le besoin irrésistible d'y placer ma mère, en premier lieu. À quelques jours de la fête des mères (11 mai au Québec), c'était ma façon de lui redonner vie, de souligner également la femme remarquable et originale qu'elle était, de partager ces moments privilégiés avec nos amis, et aussi de la faire connaître à ceux qui flâneront dans cet petit univers virtuel.
Ma mère, Valéria Z. , Vally pour les amis, est née le 7 février 1915 en Russie, à Nijni-Novgorod (Gorki durant le régime soviétique). Située sur la Volga, à 400 km à l'Est de Moscou, cette ville offre beaucoup de ressemblances avec Québec : une ville haute fortifiée, un vieux quartier pittoresque, une ville basse en bordure d'un fleuve immense, des églises remarquables - même si elles ont souffert du courant anticlérical qui a sévi en U.R.S.S. Lorsque nous y sommes allées, Vally et moi, dans les années 1992-93, je lui ai fait remarquer à quel point son berceau ressemblait à Québec. Et là, subitement, elle eut ce cri du coeur : "Voilà pourquoi j'aime tant Québec!". Il faut dire que Maman avait quitté sa ville natale à l'âge de dix ans, avec sa mère, dans les années qui suivirent la révolution russe de 1917, emportant avec elle une poupée et petite valise contenant ses modestes trésors et qu'elle a vécu jusqu'à ses 59 ans à Paris, avant de s'installer à Québec (Sainte-Foy, plus précisément), où elle est venu me rejoindre, ainsi que mon mari. Avec ses grands yeux bleus scrutateurs, son tein clair et ses cheveux blonds, elle était très russe, mais avait gardé de son enfance tant de souvenirs douloureux (la mort de son père alors qu'elle avait cinq ans, les privations des années qui ont suivi, son départ à dix ans avec sa mère) qu'elle se considérait avant tout comme française, disant à qui voulait l'entendre : "C'est la France qui m'a tout donné". Elle parlait un français impeccable, avec un minuscule accent (il fallait le savoir) sur quelques "r" imperceptiblement roulés de temps en temps, et elle maîtrisait le russe, bien entendu, qui fut aussi ma langue maternelle.
Lorsqu'elle est arrivée à Paris, elle ne parlait pas un mot de français. En quelques semaines, elle brûla les étapes et fut rapidement citée en exemple à ses camarades d'école, parce qu'elle ne faisait pas de fautes d'orthographe! Ma grand-mère, élevée dans la Russie impériale à l'Institut Smolny de Saint-Pétersbourg, connaissait bien la langue de Molière. Comme beaucoup d'immigrants russes, elle eut cependant du mal à s'enraciner à Paris, et gagna péniblement sa vie en faisant de la couture et de la broderie pour des compatriotes aristocrates. En 1947, elle décida de retourner dans son pays natal, afin d'y finir ses jours chez un de ses fils. Elle avait 77 ans et fit, seule, en train, le long périple vers Moscou, laissant une fois de plus tout derrière elle. Elle mourut en 1956.
Vers 12 ans, Maman commença à se passionner pour l'aviation. Elle rencontra des gens proches de ce milieu, dont Saint-Exupéry, et se trouva un beau jour face à face avec un avion. Après un baptême de l'air enthousiasmant (à 14 ans), elle décida d'apprendre à piloter, au grand désespoir de sa mère, qui mourait d'inquiétude chaque fois que sa fille fréquentait un terrain d'aviation. Pour payer ses cours, elle rendait une foule de services sur le terrain, nettoyant les appareils, donnant un coup de balai dans les hangars, et se trouva rapidement enrôlée pour faire de l'acrobatie aérienne, debout sur les ailes d'un avion, bien attachée, elle produisait tout un effet sur les spectateurs. Elle sauta en parachute, risquant sa vie à quelques reprises et raconta (à 79 ans) les exploits de sa jeunesse incroyable dans un livre : Prélude à l'Orange (Éditions JCL, Saguenay, 1994). C'est dans l'univers de l'aviation et dans un cercle fréquenté par des Russes exilés qu'elle rencontra mon père, Dimitri J. Il avait douze ans de plus qu'elle, elle fut impressionnée par son sérieux et son air rassurant, lui, par sa beauté et sa spontanéité. Ils se marièrent en 1935, alors que Vally avait 20 ans. L'enchantement ne dura pas longtemps et Dimitri interdit à Vally de continuer à faire de l'aviation. Vally a toujours dit par la suite qu'il lui avait coupé les ailes, et ne le lui a jamais vraiment pardonné... Leur mariage fut décevant, tant pour l'un que pour l'autre : Dimitri était casanier, austère et rêvait d'une belle carrière de géomètre - ce qui n'arriva point, Vally était jeune, pleine de vie, fréquentait le milieu artistique et tomba profondément amoureuse d'un beau chanteur cubain, Laurín (elle raconta leur histoire dans son premier livre, L'Autre moitié de l'Orange (JCL, 1992). Jamais, cependant, elle ne se résolut à quitter son mari. La deuxième guerre mondiale rendit mon père encore plus taciturne. Je naquis à son retour d'Allemagne, dans la fièvre du premier Baby Boom et je grandis à Paris, entre deux parents qui ne s'aimaient pas vraiment, ce que j'ai ressenti dès mes cinq ou six ans.
Pour ma mère, avoir un enfant changeait le cours de sa vie : adieu les projets de musique, la taille de guêpe de mannequin, les projets de musique. Tandis que mon père gagnait sa vie comme dessinateur industriel, Maman a consacré une dizaine d'années à m'élever, en travaillant comme secrétaire et couturière à la maison. Toute mon enfance a été marquée par sa présence. Comme elle avait des doigts de fée, les clientes étaient très nombreuses à lui commander les robes et les manteaux les plus élégants, mais le métier rapportait peu et exigeait beaucoup. Combien de fois ai-je entendu, la nuit, dans mon sommeil, le bruit familier de la machine à coudre...
Dans cette vie un peu terne, un rayon de soleil donnait des couleurs à la belle Vally : son Laurín bien-aimé, qui avait connu bien des péripéties durant la guerre, l'avait retrouvée à Paris, et les deux amoureux se voyaient discrètement et partageaient une même passion pour la musique. Je n’ai jamais eu conscience de la double vie de ma mère. Chaque midi et chaque soir, lorsque je revenais de l’école, elle était là, pour s’occuper de moi, et pour s’acquitter de ses tâches ménagères…
Excellent pianiste, Laurín avait entrepris une carrière de concertiste classique, soutenu par Vally. Ce n'était pas facile, car il n’était plus un jeune prodige susceptible d’intéresser les impresarios, mais un homme dans la trentaine. Alors qu'ils avaient tous deux 45 ans, Vally remarqua que Laurin n’était plus aussi joyeux et enthousiaste depuis un certain temps. Elle le trouvait fatigué, triste parfois. Il disait que tout allait bien.Un jour, en 1960, il partit aux États-Unis, où sa famille s'était installée et ne revint jamais. Vally apprit quelques années plus tard qu'il se savait alors atteint de leucémie, et qu'il avait voulu lui épargner le chagrin de voir mourir. Lorsque j'eus terminé mes études secondaires, Maman, qui travaillait depuis quelques années comme secrétaire dans un bureau, décida de demander le divorce. Une nouvelle étape de notre vie commençait. (à suivre)
Premier contactVoilà, c'est fait! J'ai décidé de créer mon blog
Il y aura quelques photos aussi. Avant de parler de moi - j'y viendrai un jour! - depuis des semaines, je voulais créer quelque chose qui rende hommage à ma mère, Vally Zéléna, décédée en avril 2006. J'entrerai donc quelques détails sur elle, des photos, de quoi rappeler de bons souvenirs à ceux qui l'ont connue et aimée, et faire regretter aux autres de ne pas l'avoir connue
Les photos que j'ai placées en ligne sont deux étapes importantes de sa vie : ses 17 ans, alors qu'elle faisait du pilotage en France, dans le sillage des Maryse Bastié et Hélène Boucher, et ses dernières années, marquées par la souffrance d'avoir perdu de l'autonomie (une petite abeille à laquelle on a coupé une aile, disait-elle) suite à une stupide fracture de la hanche!
Bientôt, je vous raconterai sa vie, et vous ferai partager son album de photos. |
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